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L’abolition heureuse de Roe v. Wade

Publié le 26/06/2022

  • L’abolition heureuse de Roe v. Wade

Par Sébastien Renault

Roe v. Wade (la « loi Veil » américaine, avec d’importantes nuances, d’abord celles qu’imposent la distinction entre droit constitutionnel et indépendance législative des États) a été abrogée hier par la Cour suprême des États-Unis au plan constitutionnel, en la fête de la Nativité de saint Jean-Baptiste – lequel, quelques mois plus tôt, avait tressailli de joie dans le ventre de sa mère (Lc 1, 41), autrement dit, dans son état d’enfant à naître.

Rappelons que le gouvernement fédéral américain exerce son autorité en regard des questions nationales. Ses pouvoirs lui sont conférés par la Constitution étasunienne telle qu’interprétée par la Cour suprême. Dans le cas de l’extermination in utero, mieux connu sous l’acronyme français dragéifié d’IVG, ce prétendu « droit » n’a jamais été rattaché à leur Constitution. Au plan juridique, Roe v. Wade a été, pendant 49 ans, une véritable aberration « constitutionnelle » qui est désormais rectifiée à juste titre par sa révocation.

En revanche, la branche décentralisée du gouvernement relevant de l’administration du secteur des affaires juridiques réglementées État par État, en lien avec les deux organes législatifs du gouvernement fédéral étasunien, elle exerce son autorité en regard des questions limitées au domaine jurisprudentiel de chaque État. Les pouvoirs des 50 États américains leur sont conférés par le dixième amendement de la Constitution américaine. Avec l’abrogation de Roe v. Wade, le traitement homicide des enfants à naître (l’avortement) a simplement été renvoyé au domaine de la prise de décision politique et de la réglementation propre à chaque État.

Même s’il reste encore beaucoup à faire, il s’agit bien d’une véritable victoire pour la vie, après des années d’activisme souvent contrarié par la promulgation de lois et de mesures iniques sur le fondement contre-constitutionnel, néanmoins fédéral, en faveur de la protection de « l’accès universel » à l’avortement (y compris les opérations barbares de charcutage post-natal). Rappelons également que droit fédéral étasunien ne signifie pas droit constitutionnel, comme certains militants de la gauche américaine le prétendent parfois. Peut-être ont-ils déjà oublié, trop occupés au signalement vertueux « antiraciste » sur les réseaux sociaux, que l’esclavage était naguère un droit fédéral aux États-Unis ; mais n’a jamais été pour autant un droit constitutionnel.

En attendant, nous avons droit à un joli festival de fureur et d’hypocrisie sans surprise de la part des partisans du « droit de choisir », qui ont depuis longtemps rationalisé le fait de sacrifier les enfants conçus pour satisfaire n’importe quelles priorités auto-centriques (promiscuité, apparences physiques, carrière, vacances, et j’en passe).

Ils parviennent en effet, sans rougir, à passer de la volonté d’imposer à tous l’obligation de se faire injecter des produits expérimentaux à la fois dangereux et inefficaces (autrement dit, votre corps n’est pas votre choix !) à l’appel à la grande mobilisation pour le « droit » à supplicier sa propre progéniture au gré de ses envies (votre corps = votre choix, slogan par ailleurs tout-à-fait idiot, mais qui met bien en lumière à quel point ces gens sont des hypocrites consommés).

Ces fous furieux, ayant aujourd’hui perdu une bataille importante, sont donc prêts, de nouveau, à provoquer le chaos – comme ils l’ont fait il y a deux ans au nom du « wokisme » faussement « antiraciste ». Les voilà qui arrivent en force, exhortant à « l’action contre la suprématie patriarchale » [2] :

« Nous avons besoin que l’État ressente toute notre colère. Nous avons besoin qu’ils aient peur de nous. Si les avortements ne sont pas protégés [autrement dit, par l’État fédéral], alors vous ne l’êtes pas non plus [autrement dit, nous allons venir vous harceler, vandaliser et détruire vos biens privés, si possible vous assassiner]. »

Pour finir, un petit rappel aux champions de la « liberté de conscience » : lorsqu’une femme tombe enceinte, il en résulte bien deux corps distincts, deux battements de cœur distincts, deux profils d’ADN distincts, deux ondes cérébrales distinctes, deux empreintes digitales distinctes, et surtout, deux âmes distinctes. Et donc, par implication immanquable, deux choix distincts (qui devraient pourtant s’accorder vers le même objet), quand bien même l’enfant conçu ne peut encore le faire savoir. Ce pourquoi la responsabilité de respecter le choix implicite de ce dernier, que manifeste le fait même de son existence encore cachée mais réelle, incombe non seulement aux parents, mais à toute la société, fondée sur le respect du droit inaliénable à la vie.

Pour la Vie !

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[1] https://reseauinternational.net/le-vrai-visage-de-la-barbarie/.

[2] https://janesrevenge.noblogs.org/.