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Les assises de la bioéthique, un boomerang

Publié le 18/01/2018

  • Les assises de la bioéthique, un boomerang

par Maria Poumier

I Les remises à plat

La clique des non élus qui veut faire de chacun d’entre nous, depuis les élus jusqu’aux plus crédules, des marionnettes au service du marché mondialisé, espère faire de la consultation nationale pour la mise à jour des lois sur la bioéthique sa tribune,  afin d’imposer son féroce eugénisme dit démocratique. Mais c’est très mal parti…

En fait, toutes les manœuvres de la propagande de ce lobby bio-maléfique sont en train de se retourner contre leurs initiateurs. En voici quelques exemples :

- Les églises se reprennent, chassent virilement les groupuscules de profanatrices se voulant féministes ; et les églises reprennent vie dans cette bataille.

- Le jeune et batailleur Mgr. Aupetit, nommé archevêque de Paris, donne un signal fort à tous les chrétiens de France.

- La virilité revient sur le tapis, comme sujet de conversation et  comme enjeu de conservation : indispensable, dans le cadre de l’écologie humaine, pour la protection des femmes et des enfants.

- les méfaits des prélèvements d’ovocytes et de la GPA sur la santé des femmes commencent à être connus, il y a des Américaines qui en meurent, c’est nouveau, et ça fait du bruit. Le mouvement Stop Surrogacy Now est à la pointe des témoignages.

- Les enfants issus de donneurs anonymes demandent des comptes au législateur et aux trafiquants de paternité irresponsable. Et internet leur permet de les retrouver, c’est la fin de l’impunité.

- M. Macron voudrait bien garder la question de la vérité dans la filiation au centre du débat.

- Aux USA, le gouvernement fédéral interdit désormais de financer les organismes qui encouragent l’avortement.

- Les pays exportateurs de nouveau-nés restreignent le marché légal, en théorie désormais réservé à leurs ressortissants souffrant de problèmes relevant de la médecine. C’est seulement en Grèce, en Floride et en Californie qu’on observe une nouvelle poussée provisoire pour attirer les couples homosexuels. Partout ailleurs, le rejet indigné, instinctif, est massif.

Tugdual Derville, fondateur d’Alliance Vita, est optimiste car dit-il l’histoire n’est pas linéaire, mais oscillatoire. Notre sensibilité commune est désormais aux antipodes de celle des années 1970. Non seulement tout le monde reprend pour le condamner le concept de marchandisation de la vie humaine, mais on identifie les responsables du crime contre l’humanité que cela constitue. Les menées du docteur Testard contre le pouvoir médical portent.

La nouveauté la plus porteuse vient de la prise de conscience de la crise démographique : la race européenne (étymologiquement aux yeux clairs) est menacée de disparition en deux ou trois générations, dans chaque pays. Si le taux de fécondité a considérablement baissé dans chaque pays, avec l’urbanisation, c’est dans les pays les plus développés que cela atteint un seuil critique. Et c’est d’abord le résultat de nos choix de société : l’hédonisme individualiste, l’essor du divorce, la maternité tardive, l’hésitation dans le genre, et la déstabilisation mentale.

Et c’est là que se produit le retour à l’envoyeur, et que monte un cri douloureux : plus un pays est réputé développé, plus il creuse sa tombe, pour avoir répandu et encouragé l’empoisonnement par les perturbateurs endocriniens. Notre hyperconsommation a déjà fait chuter la stérilité masculine selon une courbe exponentielle, dont on ne voit pas la fin, sauf à interdire la pilule, les smartphones, la wifi, la nourriture industrielle et la pollution atmosphérique, vaste programme.

De façon symétrique, un continent a su préserver sa fertilité physique et spirituelle : l’Afrique. En 2050, dit Bernard Lugan, 40% des naissances mondiales seront africaines, et en 2100, les Africains constitueront un tiers de la population mondiale. Accompagnant cette vitalité remarquable malgré la pauvreté qui s’étend, les bases métaphysiques de l’existence restent solides. La trinité constituée par l’homme, la femme, l’enfant, au fondement de la mythologie et l’art de l’Egypte ancienne, n’a pas cessé d’exercer sa puissance sur l’esprit, et de donner de la force à chaque famille, à chaque communauté. Le président de l’Ouganda a refusé des subventions américaines conditionnées par la modification des lois combattant le sodomisme, la résistance a été forte aussi au Kenya qu’Obama pensait avoir conquis par défaut. Les évêques africains dénoncent les campagnes sournoises pour stériliser les populations, en particulier par l’inoculation de vaccins chargés en aluminium. Le cardinal Sarah, Guinéen, maniant subtilement la langue française, est le héraut de la résistance de tout le continent noir, et il est au Vatican.

Avec le déferlement migratoire imposé par l’oligarchie aux Européens, brusquement tout le monde se réveille, et souhaite la reprise de la natalité dans nos pays. Le slogan néerlandais, « nous, les nouvelles générations, on les fait » au lieu de les importer, va inéluctablement se répandre.

II Les marchands nous attendaient au tournant

Mais c’est ici que les choses se compliquent. Certes, les Européens veulent plus d’Européens de souche, d’aspect, de tradition, de confiance en soi, bref ce qu’on appelait jadis la race, et n’avaient  nullement envie de favoriser la prolifération chez eux des autres d’aspect plus sombre, qui viennent de loin, dans l’espace et dans leur aura exotique.

Les marchands de gosses sur mesure avaient anticipé tout cela, et se lèchent les babines depuis 1994, lorsqu’Israël avant tout autre pays a légalisé la location d’utérus, avec quatre objectifs : compenser les pertes dues aux persécutions de juifs pendant la Deuxième Guerre mondiale, remédier à la dramatique stérilité des couples israéliens, concurrencer la natalité palestinienne, et développer le tourisme médical juif en provenance du monde entier.

Dans tous les pays, il y a une corrélation entre la place d’une personne dans la hiérarchie de la considération et des privilèges, et sa couleur : plus on est haut placé, plus on est visage pâle. Aux USA, on parle de barrières croisées, de classe et de couleur à la fois. Elles ne sont pas infranchissables, mais se franchissent ensemble, par décoloration, trahison à sa famille d’origine. Deux pôles se dessinent : sombres sont les foules en mouvement, les colères massives, les forces telluriques ; clairs les savants, les dirigeants, les deux catégories absolument convaincues d’être au-dessus du commun des mortels par nature, par essence, et par droit divin.

L’idée des marchands de nouveaux-nés est que les élites fassent faire leurs gosses par des « nourrices prénatales » attachées à la glèbe, généreuses autant que nécessiteuses ; la stérilité des castes supérieures dans chaque pays, combinée à la rareté des femmes pauvres vraiment décidées à vendre le fruit de leurs entrailles, garantit une demande élevée et des prix également élevés, que la chose reste l’objet d’un marché noir ou légalement blanchi. Ces marchands ont spéculé sur un rêve bien politique : la reconstitution de la race blanche et sa réimplantation dans chaque société submergée par les immigrations venues du Sud. Une autre branche de la même industrie s’emploie, de son côté, à répandre l’idéologie des « droits reproductifs », c’est-à-dire à convaincre les femmes les plus pauvres et les plus noires d’avoir le moins d’enfants (à elles) possible. Les armes de destruction biologique, correctement répandues en catimini dans chaque région en proie à des troubles, complètent la mise en œuvre d’un malthusianisme désormais précisément ciblé.

L’eugénisme biotechnologique s’inscrit donc dans une nouvelle dimension planétaire de la lutte des classes : les riches payant, les pauvres fabriquant les gosses selon les besoins des maîtres, les intermédiaires (avocats, assurances, agences, cliniques) prospérant. En fabriquant le consensus par paliers successifs, en douceur, le retour en force de l’esclavage passera inaperçu, ou paraîtra acceptable, les lois « évolueront » avec la société, ont spéculé les esclavagistes.

Mais cela ne peut se faire que si la castration des esprits se généralise et s’approfondit, jusqu’à devenir irréversible. Déjà les femmes se livrent, par leur cervelle d’en haut, à la tyrannie politico-médico-médiatique qui leur promet le pouvoir absolu, à partir du moment où elles auront cédé à la transgression fondatrice, l’avortement. Car seul l’avortement banalisé permet la recherche sur l’embryon, le trafic de fœtus pour fabriquer des cosmétiques et des médicaments, le choix de l’enfant parfait et l’ élimination des indésirables, les acrobaties de l’aide médicale à la procréation, et toutes les inventions dérivées ou autres prouesses stimulées par l’ivresse qui fait croire le pouvoir absolu à portée de main. La pilule, prise dès l’adolescence, est le premier degré, devenu quasi obligatoire, de la castration mentale des femmes. Mais leurs organes génésiques se révoltent, ressentent ce viol extrêmement profond de la nature, et s’expriment, dans la détresse, la schizophrénie mais aussi par la parole et l’action.

La castration des hommes ne se fait pas si facilement. Si leur cervelle d’en bas les pousse à la paresse et à une certaine soumission aux femmes, il arrive pourtant un moment où ils se réveillent. Si les gays montrent leur brutalité cynique en essayant d’éliminer toute dépendance de la gent féminine, en se refermant sur leur ghetto, d’autres, se voulant séducteurs, avec le chantage non moins brutal et cynique aux faveurs, il y a aussi les hommes normaux, la majorité, et ce sont eux qui vont reprendre la parole maintenant, parce qu’enfin on touche le fond, on comprend la manœuvre, on a besoin d’eux. Non, l’humanité ne va pas se dissoudre dans la robotique et l’intelligence artificielle. Qui fabrique donc les robots tueurs et le support des logiciels? Les mineurs qui fournissent les métaux, les mains délicates qui assemblent les pièces, les trimeurs programmeurs ; il est là, l’obscur prolétariat avec lequel les vrais hommes sont obligés de renouer l’alliance véritablement féconde, s’ils veulent redresser la barque en perdition, et ne pas être utilisés par d’autres comme de simples banques de sperme.

Les penseurs d’Alliance Vita font remarquer que nos bonimenteurs ont avancé leurs pions tout doucement, pour ce qui est de la manipulation des embryons comme de simples organes superfétatoires, en somme, comme cela s’est fait aussi pour arriver à la banalisation de l’avortement. Au départ, l’embryon était sacré, en dehors de quelques dispositifs médicaux absolument exceptionnels. Maintenant, on nous dit qu’il est normal et banal de les balader d’un corps à l’autre, d’un labo à l’autre, d’un continent à un autre. Mais la novlangue, l’inversion des culpabilités, l’amalgame, les choix truqués que les sondages proposent, l’inéluctabilité supposée de ce qu’on veut nous imposer, ne sont que des écrans. Dès qu’on s’adresse à la personne, là où elle a mal, l’âme revit, se redresse, se cabre et se retrouve dans son unité avec la logique du corps.

Et voilà, aux US, des embryons pourraient gagner un procès contre leur mère qui ne voulait plus d’eux après le divorce d’avec leur père. Ce n’est qu’un exemple de tout ce qui craque, dans le faux consensus supposé. La biopolitique entre en scène, et va envahir la réflexion comme l’écologie l’a fait en une vingtaine d’années. Notre société s’est voulue liquide, elle n’est qu’une fine dune de sable, d’individus se croyant monades uniques, et le vent la balayera jusqu’à ce qu’elle s’arrête sur le rempart rocheux du réel, inamovible. C’est la souffrance qui nous a empêchés de voir notre  conscience, mais on a atteint le point critique du renversement des tendances, dit encore Tugdal Delville, spécialiste des batailles que gagnent les faibles. Les arbres communiquent par leurs racines, et selon l’Evangile de Marc (8, 22-26), quand l’aveugle de Bethsaïde a retrouvé la vue, il s’est écrié : « je vois les hommes, car je vois des arbres qui marchent ! ». Nous marchons pour la vie.