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Les sophistes, marionnettistes de l'Occident

Publié le 11/04/2021

  • Les sophistes, marionnettistes de l'Occident

 Jean-Claude Manifacier

[Un essai détaillé (39 p.) qui passe en revue l'histoire et les mensonges sur la destruction de l'Irak puis de la Syrie, avec leurs justifications dans la littérature juive dite religieuse. Et des pistes pour retrouver une pensée logique et indépendante: 

Extrait:

 [...]   p. 32          -Israël ne se contente pas d’éliminer en toute impunité les scientifiques qui lui déplaisent mais il fait actuellement de la Syrie son terrain de prédilection pour des bombardements. Il a multiplié les raids contre des positions iraniennes en Syrie. Le pays a été victime de centaines de bombardement israéliens ces dernières années et ceci, comme toujours, dans l’indifférence des Occidentaux. Par exemple le mercredi 14 janvier 2021 le Monde rapporte que des frappes d’une rare ampleur contre des bases et dépôts d’armes entre Deir ez-Zor et Al-Boukamal auraient fait 57 morts. Cette attaque apparaît comme l’une des plus meurtrières de ces dernières années. Un haut responsable du renseignement américain a confirmé, sous couvert d’anonymat, dans la journée, que ces frappes avaient été menées par Israël, avec l’aide de renseignements fournis par les États-Unis. Le 15 février 2021, c’est le TOI qui rapporte qu’en Syrie, 9 combattants pro-régime ont été tués dans des raids attribués à Israël.

Les États-Unis mènent des frappes en Syrie, une première opération militaire sous l’ère Biden. Après une série d’attaques contre ses intérêts en Irak ces dernières semaines, Washington a visé des infrastructures utilisées par des milices pro-iraniennes en Syrie : « Il y a beaucoup de morts. Au moins dix-sept combattants ont péri ».

La plupart des journaux israéliens feront part de leur satisfaction. L’Algemeiner Staff, du même jour, 26 février 2021, titrera : « Très heureux de ces frappes US sur des cibles iraniennes en Syrie. Nous avions été tenu informés ».

Dans le TOI du même jour : «  Au moins 22 combattants de milices irakiennes pro-Iran ont péri ».

Tous ces assassinats dits ciblés, sont présentés comme des frappes chirurgicales ayant malheureusement conduits à des dommages collatéraux. Où sont passés les opposants à la peine de mort ? Ici on tue sans aucun jugement, sans déclaration de guerre, on ne sait pas qui tue, qui appuie sur le bouton, mais les tartuffes ne trouvent rien à redire puisque les résistants sont appelés aujourd’hui terroristes. Que dire aussi de ces milliers de morts, dont des centaines d’enfants dans les opérations de bombardement, plomb durci ou barrière protectrice, sur la prison à ciel ouvert de Gaza ? Les centaines de morts au cours des protestations pacifiques, « les marches du retour » à la frontière avec Israël. Un documentaire d’Élise Lucet, dans l’Émission « Envoyé spécial » du jeudi 11 octobre 2018 donnait pour la première fois la parole à un soldat de Tsahal qui reconnaissait que cette armée conseillait des tirs incapacitants et où on montrait la rééducation de jeunes palestiniens ayant perdu une jambe. " Alaa, 21 ans, rêvait de devenir le champion palestinien de cyclisme sur route. Mais le 30 mars dernier, une balle a emporté sa jambe droite et tous ses espoirs. Mohamad, 13 ans, aimerait devenir médecin. Lui aussi a été amputé, comme Atallah, 17 ans, et tant d’autres. Tous ont perdu leur jambe sous les tirs des snipers israéliens lors d’une « marche du retour »".

La seule chose qu’avait trouvé à faire l’ambassade israélienne c’est de demander l’interdiction de cette diffusion à la télévision à cause des risques de réactions antisémites !

 

Un exemple de manipulation dans le titre d’une information donnée par la presse est présentée ci-dessous. Le 17 mars 2017 : la presse titre : tir de missiles par la Syrie sur des avions israéliens. Nous avons vu ci-dessus qu’il y en a des centaines par an maintenant dans l’indifférence médiatique.

Pour le NYT : « La Syrie tire des missiles sur des avions israéliens », pour un lecteur pressé, se contentant de lire le titre ou de voir une photo, la cause est entendue : c’est une agression syrienne. Le même jour le journal anglais l’Independent n’apportait qu’une précision à l’évènement : Il s’agissait d’un tir de trois missiles. Il faudra lire Le Monde du même jour pour apprendre la vérité : C’est à la suite d’un raid israélien que la Syrie se défend en tirant des missiles. Nous avons là un exemple de manipulation grossière, mais extrêmement fréquente, du Principe de Causalité appelé inversion accusatoire. Seul le lecteur avisé comprendra que la cause initiale était : les avions israéliens ont franchi l’espace aérien syrien pour un bombardement. 

Les activités du groupe israélien de défense des droits de l'homme B'Tselem 

Cette association fait un travail remarquable dans un environnement majoritairement hostile en Israël. Quelques exemples pour lesquels aucun responsable n’est jamais poursuivi ni recherché d’ailleurs. 

            -B'Tselem affirme que sur les 133 Palestiniens tués par les forces israéliennes en 2019, 56 "ne participaient pas aux hostilités" et 28 étaient mineurs.

            -Le journal Haaretz félicitera B'Tselem pour son document du mois dernier intitulé "Un régime de suprématie juive du Jourdain à la mer Méditerranée : C'est l'Apartheid".

            -Israël impose un régime de domination par l’apartheid du Jourdain à la Mer Méditerranée, a déclaré mardi l’éminente association des droits de l’homme B’Tselem. « Il n’y a qu’un seul régime qui gouverne la zone entière et la population qui y vit, fondé sur un seul principe directeur », a dit l’association israélienne, faisant écho à ce que leurs homologues palestiniens déclarent depuis des décennies." ...Il s’agit entre autres de « restreindre la migration des non-juifs et de s’emparer de la terre des Palestiniens pour bâtir des communautés réservées aux seuls Juifs tout en reléguant les Palestiniens dans de petites enclaves » – pratique mise en place dans l’ensemble d’Israël et des territoires qu’il occupe. ...Dans les deux cas, les Palestiniens font face à de sévères contraintes concernant leur lieu de vie tandis que les communautés juives ne sont soumises à aucune restriction. En plus, Israël impose des « restrictions draconiennes » sur la liberté de circulation des Palestiniens en Cisjordanie et dans la Bande de Gaza et leur dénie leurs droits politiques. Un rapport publié en 2019 par Human Rights Watch déclarait qu’Israël avait dénié aux Palestiniens qui vivent sous occupation militaire leurs droits civiques fondamentaux depuis plus de cinq décennies, créant un environnement grandement oppressif. …Par ailleurs, selon B'Tselem, qui depuis des décennies a documenté avec diligence de nombreuses facettes des pratiques du gouvernement israélien dans le domaine de la politique, de l'armée, de la propriété foncière, de la distribution de l'eau, de la santé, de l'éducation et bien plus encore, Israël est, aujourd'hui, un régime totalement antidémocratique et d'apartheid.

Les groupes israéliens qui critiquent leur propre gouvernement ont historiquement bénéficié de marges beaucoup plus importantes que les groupes palestiniens qui ont fait la même chose. Cependant, ce n'est plus le cas. Ce dernier point a été mis en évidence le 17 janvier 21, lorsque le ministre israélien de l'éducation, Yoav Galant, a tweeté qu'il avait demandé à son ministère « d'empêcher l'entrée d'organisations qualifiant Israël d'État d'apartheid ».

B'Tselem n'a pas reculé. Au contraire, le groupe a exprimé sa détermination "à poursuivre sa mission de documenter la réalité" et à "faire connaître ses conclusions au public israélien et au monde entier". Il est allé encore plus loin lorsque le directeur de B'Tselem, Hagai El-Ad, a rencontré des centaines d'étudiants israéliens le 18 janvier pour discuter de l'incohérence entre l'occupation militaire et le respect des droits de l'homme. A la suite de cette rencontre, El-Ad a tweeté "La conférence @btselem a bien eu lieu ce matin. Le gouvernement israélien devra nous affronter jusqu'à la fin du régime d'apartheid".En effet, la décision du ministère israélien de l'éducation s'appuie sur une loi antérieure datant de juillet 2018, qui a été baptisée "loi Rompre le silence". Breaking the Silence est une organisation de la société civile israélienne composée de vétérans de l'armée qui se sont fait entendre en critiquant l'occupation israélienne et qui ont pris sur eux d'éduquer le public israélien sur l'immoralité et l'illégalité des pratiques militaires d'Israël en Palestine occupée.

            -« Israël défendra son rejet du retour des Palestiniens en déclarant que les Palestiniens constituent une ‘menace démographique’ et que leur retour altérerait le caractère démographique d’Israël au point de l’éliminer en tant qu’État juif. »

            -Chutzpah : Le journal juif, Jforum, transforme une évidence vécue par des millions de Palestiniens en mythe. « Israël-État d’Apartheid », la construction d’un mythe, Jforum, 4 février 2021. La récente parution d’un rapport de l’ONG anti-israélienne B’tselem sur le soi-disant “apartheid” israélien donne lieu à une nouvelle campagne contre l’État juif dans les médias internationaux. 

            -Le ministre israélien de l'éducation a décidé d'interdire à B'Tselem de donner des cours dans les écoles israéliennes. "Le ministère de l'éducation sous ma direction a gravé sur sa bannière la promotion des valeurs sionistes, juives et démocratiques, et il agit en conséquence", a déclaré le ministre de l'éducation Yoav Galant. Nous n'autoriserons pas les organisations qui qualifient l'État d'Israël d'État d'apartheid à donner des cours à des étudiants sur le point d'être enrôlés dans les forces de défense israéliennes". 

            -Haaretz notera le 24 février 2021, avec juste raison, que les Européens ne se préoccupent guère du sort des Palestiniens. Il est vrai que certains organes d’information juifs, comme Haaretz, en parlent beaucoup plus que les médias occidentaux. 

Deux raisonnements qui s’opposent : Athènes ou Jérusalem

             -En Occident le libre-penseur est la personne qui pense en toute liberté, ne se fiant qu'à sa raison. En Israël, il peut devenir a self-hating jew, une personne qui se hait elle-même. Sur des sujets délicats, cela semble conduire à des différences d’interprétation qui sortent du domaine du raisonnable pour tomber dans l’extravagance.

Israël Shahak fondateur de la Ligue israélienne des Droits de l’Homme, professeur de chimie à la retraite, né à Varsovie en 1933, qui a passé son enfance dans le camp de concentration de Bergen-Belsen, est arrivé en Israël en 1945. Il a étudié le judaïsme, les traditions rabbiniques et talmudiques et explique le problème lié à la difficulté de se comprendre dans son livre : « Histoire Juive – Religion Juive, Le poids de 3 millénaires ». Préface de Gore VIDAL, Avant Propos d’Edward Saïd 1996- La Vielle Taupe.

 

            Page 19, " J'avais vu personnellement, à Jérusalem, un juif ultra religieux refuser qu'on utilise son téléphone, un jour de sabbat, pour appeler une ambulance au secours d'un voisin non juif terrassé par une attaque. J'ai demandé une entrevue avec le tribunal rabbinique de Jérusalem, qui est composée de rabbin nommé par l'État d'Israël. Je leur ai demandé si cette façon de faire s'accordait avec leur interprétation de la religion juive. Ils m'ont répondu que le juif en question avait eu un comportement correct, et même pieux, et m'ont renvoyé à certains passages d'un abrégé des lois talmudiques, compilé en notre siècle. J'ai signalé la chose au principal quotidien hébreu, Haaretz, qui s'en est fait l'écho, provoquant un scandale médiatique dont les conséquences, en ce qui me concerne, furent plutôt négatives.

Ni les autorités rabbiniques israéliennes, ni celles de la diaspora, ne sont revenues sur cet arrêt : un juif ne doit pas violer le sabbat pour sauver la vie à un gentil ".

            Page 83, Dans de nombreux cas, des termes généraux tels que ‘ton semblable’, ‘étranger’, ou même ‘homme’ sont pris dans un sens très réducteur et chauvin. Le célèbre verset « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Lévitique, 19 :18) est compris par le judaïsme classique (et orthodoxe actuel) comme l'ordre d’aimer son prochain juif, et non pas humain en général. De même, le verset « Tu ne te mettras pas contre le sang de ton prochain » (ibidem, 16) est censé signifier qu'il ne faut pas rester inactif quand la vie (le sang) d'un compagnon juif est en danger mais comme on le verra au chapitre 5, il est interdit de sauver la vie d'un gentil, parce qu' « il n'est pas ton compagnon ».

            Page 85, De nombreux Juifs en Israël (et ailleurs) qui ne sont pas orthodoxes et n'ont qu'une connaissance d'ensemble de la religion juive, ont cherché, en citant des versets de la Bible dans leur clair sens humain, à faire honte aux orthodoxes israéliens (et aux Israéliens de droite fortement influencés par la religion) de leur attitude inhumaine à l'égard des Palestiniens. Il s'est avéré que de tels arguments n’avaient pas la moindre prise sur les adeptes du judaïsme classique : Ils ne comprennent pas, tout simplement, ce qu'on leur dit, puisque pour eux le texte biblique n'a pas du tout le même sens que pour tout le monde.

            Page 210, Donc, l’épreuve réelle qui s'impose aux juifs, aussi bien d'Israël que de la diaspora, est celle de leur capacité de faire leur propre critique, ce qui implique la critique du passé juif. L'aspect le plus important d'une telle critique doit être un examen circonstancié et honnête de l'attitude des Juifs à l'égard des non-Juifs. C'est ce que beaucoup de Juifs exigent et à juste titre des non-juifs - de faire face à leur propre passé pour prendre ainsi conscience de la discrimination et des persécutions infligées aux juifs. Pendant les 40 dernières années (le livre a été publié en 1996), le nombre des non-juifs tués par des juifs dépasse largement le nombre des victimes juives. Les persécutions et la discrimination imposé par "l'État juif" avec le soutien des Juifs organisés de la diaspora sont énormément plus graves que les souffrances infligées aux juifs par les régimes qui leur sont hostiles. La lutte contre l’antisémitisme (et tout autre forme de racisme) ne doit certes jamais cesser, mais la lutte contre le chauvinisme et l’exclusivisme juif, qui passe nécessairement par une critique du judaïsme classique, est aujourd’hui aussi importante, sinon plus.

 

            -Henryk Zielinski, rédacteur en chef de l’hebdomadaire polonais catholique Idziemy, a ainsi déclaré : Les Juifs ont " un système de valeurs complètement différent, un concept différent de la vérité ". " Pour nous, la vérité correspond aux faits. Pour le Juif, la vérité signifie quelque chose qui se conforme à sa compréhension de ce qui est bénéfique. Si un Juif est religieux, alors la vérité signifie ce que Dieu veut. Chez les Juifs non religieux, la vérité est subjective et doit servir les intérêts d’Israël ", a-t-il ajouté. Plutôt que de se poser la question de la pertinence de cette déclaration, l’Union des communautés juives de Pologne a déposée une plainte auprès du Conseil national de la radio et de la télévision. Rapporté par TOI- 28 février 2018

 

            -La vérité étant une, il est difficile de parler de vérités alternatives. Ce dernier terme cache en fait une vérité bien réelle que n’aiment ni les puissants, ni les groupes de pression. Il est beaucoup plus aisé de parler de mensonges alternatifs, le mensonge étant par définition multiple. Les médias excellent dans l’art d’utiliser le mensonge. On le retrouve partout en Occident et bien sûr en France. L’excellente lettre d’informations confidentielles fondée par Emmanuel Ratier : « Faits & Documents », souvent pillée mais rarement citée, s’intéresse à l’ascension d’Emmanuel Macron dans son récent exemplaire de décembre 2020 : " Précisons d’abord qu’il est extrêmement pénible de se (re)plonger dans la biographie d’Emmanuel Macron, non pas parce qu’il lui arrive de mentir, mais parce que la notion même de vérité lui est fondamentalement étrangère… Le 1er février 2017 sur TF1, donc devant la France entière, Emmanuel Macron évoque ainsi Amiens en parlant de « sa » circonscription. Or chacun sait et peut facilement vérifier qu’il n’a jamais été élu et qu’il n’a jamais daigné se présenter à une quelconque élection jusque-là. Jusqu’en 2012, le tout Paris l’a cru normalien. Il s’est d’ailleurs présenté comme tel dans les premiers portraits qui lui ont été consacrés. Après vérification il n’en était rien, il avait deux fois raté le concours. Sa thèse de philosophie sur « l’intérêt général » dirigée par Étienne Balibar n’existe évidemment pas ". Dans « Président cambrioleur » (Fayard 2020), Corinne Lhaïk loue sa chutzpah, mais elle oublie de préciser que les mensonges d’Emmanuel Macron l’auraient disqualifié socialement depuis le début sans la protection de ses omnipotents parrains.

             -Comme nous avons pu le voir, il y a parfois des difficultés à comprendre la ligne de raisonnement juive. Dans le livre d’Alexandre Soljenitsyne, « Deux siècles ensemble » chez Fayard, livre qui n’ a jamais été traduit en anglais et qui retrace les destins croisés des nations juives et slaves en Russie, puis en URSS, l’auteur raconte la résistance féroce des Rabbins au modernisme de l’époque des Lumières. Il comporte près de 4000 références tirées pour l’essentiel de la littérature juive. Il rapporte une remarque, Tome 2 P.24 qui concerne le particularisme juif :

" C’est un particularisme qui n’a pas son pareil dans l’histoire du monde, il tient au fait que les Juifs ont réussi à concilier les principes nationaux et universalistes, que ce peuple est “national au plus haut point et en même temps cosmopolite." Cela explique les contradictions que l’on trouve parfois dans le discours et les interprétations des évènements.

 

            -Le Talmud consacre quelques passages abondamment commentés au sort qu’il convient de faire à la « sagesse grecque » et à son raisonnement rationnel, cette place est controversée : Un neveu demanda à son oncle rabbin ce qu’il en est pour lui, qui connaît la Torah, de l’étude de cette sagesse: " Moi qui ai étudié toute la Torah, puis-je étudier la sagesse grecque ?", Le rabbin lui répondit de s’occuper de la Torah, en citant Josué, 1-8 (Que ce livre de la loi ne s’éloigne point de ta bouche ; médite-le jour et nuit ) ; et il ajouta, en référence à ce verset : « Trouve - moi une heure qui ne soit ni du jour ni de la nuit, alors va et étudie la sagesse grecque. Mena’hot, 99b. Voir aussi Tossefta Avodah zara ».

 

Campagne mondiale pour assimiler antisionisme, critique légitime d’Israël et son comportement envers les Palestiniens, à de l’antisémitisme.

 

            Dans un brillant historique, Joseph Massad rappelle le 16 février 2021 que les opinions pro-israéliennes ont toujours dominé les médias occidentaux et les déclarations des gouvernements occidentaux, mais une grande partie du reste du monde était encore libre, jusqu'en 1991, d'exprimer son appréciation du sionisme et des politiques israéliennes. L’assemblée générale des Nations unies avait adopté la Résolution 3379 en 1975, définissant le sionisme comme "une forme de racisme et de discrimination raciale" en regroupant le racisme israélien avec le racisme des colonies blanches d'Afrique du Sud et de Rhodésie. Seuls 35 des 142 membres des Nations unies s'y étaient opposés. Le gouvernement israélien avait alors réagi en accusant les États membres de l'ONU d'antisémitisme.

Israël exigera alors pour sa participation à la Conférence de paix de Madrid de 1991 (qui a finalement abouti aux accords d'Oslo dont on voit maintenant le résultat, ou plutôt l’absence de résultats) l'abrogation de cette Résolution 3379. les Nations unies ont voté, sous la pression des États-Unis, la Résolution 46/86 en décembre 1991, abrogeant la résolution de 1975. Sur 166 membres, 111 pays ont voté pour la nouvelle résolution, y compris l'Union soviétique qui en période d’effondrement était soumise économiquement aux États-Unis. Enhardi par le soutien continu qu'il recevait de l'Europe et des colonies européennes Israël a décidé, avec ses alliés occidentaux, de passer de la rhétorique médiatique et gouvernementale au domaine des menaces et des poursuites judiciaires. C'est dans ce contexte que la définition de l'antisémitisme de l'IHRA a été adoptée par les États-Unis et les pays européens. L’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste : the International Holocaust Remembrance Alliance (IHRA) rassemble des gouvernements et des experts dans le but de renforcer et de promouvoir l'éducation, le travail de mémoire et la recherche sur l'Holocauste et la lutte contre l’antisémitisme. La tragi-comédie dans cette définition est que, selon elle, la majeure partie du monde aurait été jugée "antisémite" en 1975 et "philosémite" en 1991. Le conseil municipal de Strasbourg a voté le 22 mars 2021 contre une résolution en faveur de l’adoption de la définition d’antisémitisme de l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste (IHRA). Cette décision a été aussitôt dénoncée par l’ambassade d’Israël en France, William Goldnagel parlant détestation obsessionnelle d’Israël.

 

            -Noam Chomsky écrivait le 31 juillet 2020 un article : « Sur la militarisation des fausses accusations d'antisémitisme contre les mouvements progressistes radicaux ».

Il rappelait qu’il y a cinquante ans, l'éminent homme d'État israélien Abba Eban avait déjà écrit que " l'une des tâches principales de tout dialogue avec le monde païen est de prouver que la distinction entre l'antisémitisme et l'antisionisme n'est pas du tout une distinction. L'antisionisme n'est que le nouvel antisémitisme ".

Chomsky donnait l’exemple du sioniste engagé, I.F. Stone, qui par "antisionisme" entendait la critique des politiques du gouvernement d'Israël et une certaine sympathie pour les Palestiniens. Ce principe est devenu une défense de dernière minute pour les apologistes des crimes d'Israël sous l'occupation. Tout critique, tout partisan des droits des Palestiniens, peut être catalogué comme antisémite. Cette arme a récemment été utilisée avec beaucoup d'efficacité contre Jeremy Corbyn dans une campagne de tromperies et de calomnies qui choque même au-delà de la norme scandaleuse du chutzpah.

Tout le monde reconnaît qu’il est bien plus dangereux aujourd’hui d’être Palestinien en Israël que Juif dans un pays occidental. Aujourd’hui un simple tag « Libérez la Palestine », pays qui a été accordé aux Palestiniens par une résolution de l’ONU, il y a plus de 70 ans, résolution qui n’est toujours pas appliquée, ou un soutien au mouvement BDS (Boycott Disinvestment Sanctions) sont assimilés à de l’antisionisme et parfois de l’antisémitisme.

Il y existe de nombreuses Organisations Non Gouvernementales, à la pointe du combat pour le Boycott, le Désinvestissement et les Sanctions (BDS mouvement). Human Rights Watch and Amnesty International, sont parmi les plus actives pour critiquer la définition de l’IHRA. Des groupes influents qui critiquent fréquemment Israël - y compris J-Street, le New Israel Fund et American Friends of Peace Now - affirment que la "codification de la définition de travail de l'IHRA", et plus particulièrement ses "exemples contemporains", créent potentiellement des occasions abusives pour "supprimer la liberté d'expression légitime" et empêcher "la critique des actions du gouvernement israélien".

 

Récemment, la plainte de l’État palestinien auprès de la Cour pénale internationale (CPI) a été retenue. Dans son article du 8 mars 2021, le Professeur Eyal Zisser de l’Université de Tel Aviv, sûr de l’échec de cette tentative, titre : « The Palestinians will be left with a Hague hangover ». Les Palestiniens se retrouveront avec une gueule de bois de La Haye. Prédisant qu’ils n’aboutiront à rien. En fin de compte, les Palestiniens se retrouveront seuls face à Israël et ils devront choisir s'ils veulent continuer à attendre que quelqu'un d'autre fasse le travail à leur place.

Tout cela caractérise l’assurance israélienne de pouvoir continuer à ne tenir aucun compte des décisions défavorables les concernant et venant des organismes internationaux comme l’ONU ou la CPI.

On retrouve ici la chutzpah du parricide juif plaidant, comme orphelin, la clémence du tribunal. L’État israélien fait depuis 70 ans tout ce qui est possible pour s’opposer à la reconnaissance de l’État palestinien. Les deux États ont été crées par la même décision de l’ONU. Lorsque Israël prétexte le fait que la Palestine n’est pas un État souverain, cette négation de la décision de l’ONU a des conséquences tragiques et conduit à la souffrance de millions de citoyens dont les tombes familiales occupent cette terre depuis des millénaires.

 

Conclusion

 

 Orwell décrit dans son livre 1984 une coterie de psychopathes qui dirige vers le mondialisme, une population soumise par la peur et la manipulation médiatique. Il n’y a aucune liberté d’opinion. La novlangue est le langage en fabrication d’Océania. Il fait l’objet d’appauvrissements planifiés du vocabulaire dans le but d’anesthésier le peuple pour mieux le contrôler. Les slogans de cette novlangue sont : « La guerre, c'est la paix. », « La liberté, c'est l’esclavage. », « L'ignorance, c'est la force. » C’est l’élaboration d’une langue entraînant l’abandon d’un des principes fondateurs de la logique aristotélicienne : le principe de non-contradiction. Simultanément la réécriture, au jour le jour, d’une Histoire fabriquée au gré de la volonté de Big Brother, permettra conjointement d’éliminer le principe de causalité. Ainsi, à Océania, "La première et la plus simple phase de la discipline qui peut être enseignée, même à de jeunes enfants, s’appelle en novlangue arrêtducrime. L’arrêtducrime, c’est la faculté de s’arrêter net, comme par instinct, au seuil d’une pensée dangereuse. Il inclut le pouvoir de ne pas saisir les analogies, de ne pas percevoir les erreurs de logique, de ne pas comprendre les arguments les plus simples, s’ils sont contre Big Brother. Il comprend aussi le pouvoir d’éprouver de l’ennui ou du dégoût pour toute suite d’idées capable de mener dans une direction hérétique. Arrêtducrime, en résumé, signifie stupidité protectrice." [...] p. 38.

Texte complet ici: 

https://drive.google.com/file/d/1pbKk9iNVmN7Lu9taqCqei7OrafL0IqHZ/view?usp=sharing