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Une offre inattendue de Vladimir Poutine à Robert Mueller

Publié le 23/07/2018

  • Une offre inattendue de Vladimir Poutine à Robert Mueller

En 2016, Israël Adam Shamir nous révélait dans le détail qui était M. Browder. En 2018, Vladimir Poutine l'explique au procureur Mueller et au monde:

Une offre inattendue de Vladimir Poutine à Robert Mueller

 Le président russe Vladimir Poutine et le président US Donald Trump ont répondu aux inculpations lancées par Robert Mueller dans le cadre de son Russiagate.

[On appréciera la différence de style entre les deux présidents.]

 

Eric Zuesse  - TheDuran -  17 juillet 2018

 

 

Dans la conférence de presse commune du 16 juillet tenue par le président US Donald Trump et le président russe Vladimir Poutine, une question a été soulevée quant au récentes inculpations de 12 officiers du renseignement russe qui auraient prétendument organisé le vol des fichiers électroniques du Comité National du Parti Démocrate et de John Podesta, le directeur de campagne de Hillary Clinton.

Voici la partie de cette conférence où cette question a été posée aux deux présidents (c’est moi qui mets en gras le passage-clé dans la réponse de Poutine, après quoi je donne les liens vers les deux articles ayant trait aux preuves – les documents réels – auxquelles Poutine fait allusion dans sa réponse).

 

REPORTER (Jeff Mason, de Reuters) : […] Et ceci est pour le président Poutine, si je pouvais y revenir. Pourquoi les Américains et pourquoi le président Trump devraient-ils croire votre déclaration selon laquelle la Russie n’est pas intervenue dans l’élection de 2016, étant donné les preuves que les agences de renseignement US ont fournies ? Envisagerez-vous d’extrader les 12 officiers russes qui ont été accusés la semaine dernière par le Grand Jury ?

TRUMP : Bon. Je vais laisser le Président répondre à la seconde partie de votre question.

Comme vous le savez, cette notion existait déjà un peu avant mais elle a surtout fait surface pour expliquer pourquoi les Démocrates ont perdu une élection que, franchement, ils auraient dû être capables de gagner, parce que le collège électoral est beaucoup plus avantageux, comme vous savez, pour les Démocrates que pour les Républicains [Cette allégation de Trump n’est pas documentée et pourrait même être fausse. NdA] Nous avons remporté largement le collège électoral, par 306 votes à 223, je crois.[En fait, par 304 à 227.] Cette bataille a été bien conduite. Nous avons fait du beau boulot.

Franchement, je vais laisser le Président répondre à la deuxième partie de votre question. Mais juste pour le dire encore une fois et je le dis tout le temps : il n’y a pas eu de collusion. Je ne connaissais pas le Président. Il n’y avait personne avec qui agir de concert. Il n’y a pas eu de collusion dans la campagne. Chaque fois que vous entendez parler de ces 12 ou 14 – ce sont des choses qui n’ont rien à voir – et franchement, ils l’admettent, ces gens n’ont pas été impliqués dans la campagne. Mais le lecteur lambda, là-bas, il se dit que, eh bien, peut-être qu’ils sont impliqués. Il y a des gensqui ont peut-être raconté n’importe quoi. Dans un cas, le FBI a dit qu’il n’y avait pas de mensonge. Il n’y avait pas de mensonge. Quelqu’un d’autre a dit qu’il y en avait. Nous avons fait une brillante campagne. Et c’est pourquoi je suis Président. Merci.

POUTINE : Pour ce qui est de qui il faut croire et de qui il ne faut pas croire : il ne faut faire confiance à personne. Où avez-vous pris cette idée que le président Trump me fait confiance et que je lui fais confiance ? Il défend les intérêts des États-Unis d’Amérique et je défends les intérêts de la Fédération de Russie. Nous avons des intérêts communs. Nous sommes à la recherche de points de contact.

Il y a des questions sur lesquelles nos positions divergent et nous cherchons un moyen de rapprocher nos points de vue, nous cherchons comment nous pourrions faire un effort plus significatif. Nous ne devons pas partir des intérêts immédiats qui guident certains pouvoirs politiques dans nos pays. Nous devons nous laisser guider par les faits. Pouvez-vous énoncer un seul fait qui prouverait définitivement la collusion ? C’est du pur non-sens – exactement comme le Président vient de le dire. Oui, le grand public, aux États-Unis, se fait une certaine opinion des candidats pendant la campagne. Mais il n’y a rien de particulièrement extraordinaire là-dedans. C’est ce qu’il y a de plus normal.

Le président Trump, quand il était candidat, a mentionné le besoin de restaurer les relations Russie/US, et il est clair que certaines parties de la société américaine ont partagé son sentiment et que diverses personnes ont pu exprimer ce qu’elles ressentaient de diverses manières. N’est-ce pas naturel ? N’est-il pas naturel de se sentir en sympathie avec quelqu’un qui est disposé à restaurer les relations avec notre pays, qui veut travailler avec nous ?

Nous avons entendu les accusations qui ont été formulées à ce sujet. Pour autant que je sache, cette compagnie a engagé des avocats américains et les accusations n’ont aucune chance de l’emporter dans les Cours américaines. Il n’y a pas de preuves du tout quand on en vient aux faits réels. C’est pourquoi ce sont les faits qui doivent nous guider, pas des rumeurs.

Venons-en maintenant à la question de ces 12 prétendus officiers de renseignement en Russie. Je ne connais pas la situation en détail. Mais le président Trump a mentionné cette question. Je vais donc y jeter un œil.

À ce stade, je peux dire ceci. Des choses qui me viennent en tête. Nous avons un accord entre les USA et la Fédération de Russie, un traité en vigueur depuis 1999. Il concerne l’assistance mutuelle dans les affaires criminelles. Ce traité est pleinement valable. Et il fonctionne très efficacement. En moyenne, nous entamons [par an] 100 à 150 procédures criminelles à la demande d’états étrangers.

L’année dernière, par exemple, il y a eu une affaire d’extradition à la demande des États-Unis. Ce traité comporte des procédures légales spécifiques que nous pouvons offrir. La commission que dirige le Special Attorney Mueller peut se servir de ce traité comme d’une base solide et nous envoyer une demande formelle, officielle, de façon que nous puissions interroger, procéder à l’interrogatoire de ces personnes qu’il croit être impliquées dans certains crimes. Ceux qui sont chargés d’appliquer nos lois sont parfaitement capables de procéder à ces interrogatoires et d’envoyer leurs conclusions aux États-Unis. De plus,  nous pouvons vous rencontrer à mi-chemin. Nous pouvons faire un pas de plus. Nous pouvons tout à fait permettre à des représentants des États-Unis, y compris à des membres de cette commission que dirige M. Mueller, de venir dans ce pays. Ils peuvent tout à fait être présents aux interrogatoires.

Dans ce cas, il y aurait une condition. Que ce genre d’effort soit mutuel. Nous nous attendrions à ce que les Américains nous rendent la pareille. Nos magistrats devraient pouvoir interroger vos fonctionnaires, y compris ceux d’application des lois et ceux des services de renseignements des États-Unis dont nous pensons qu’ils ont quelque chose à voir avec des actions illégales commises sur le territoire de la Russie. Et, pour cela, nous devons demander la présence de nos magistrats chargés d’appliquer les lois.

Par exemple, nous pouvons invoquer, dans ce cas particulier, M. Browder. Les associés en affaires de M. Browder ont gagné plus de 1,5 milliards de $ en Russie. Ils n’ont jamais payé d’impôts. Ni en Russie ni aux États-Unis. Mais l’argent s’est évadé du pays. Il a été transféré aux États-Unis. Ils y ont envoyé des sommes énormes : 400 millions de dollars  de contribution à la campagne électorale de Hillary Clinton [Il ne présente aucune preuve concrète pour soutenir cette accusation de 400 millions. NdA] C’est leur affaire personnelle. Cette transaction – la contribution en soi – pourrait même avoir été légale. Mais la manière dont l’argent a été gagné est illégale. Nous avons de fortes raisons de penser que certains officiers de renseignement ont guidé ces transactions [Cette accusation aussi est présentée sans preuves concrètes. NdA] Nous avons donc intérêt à les interroger. Ce pourrait être un premier pas. Nous pouvons aussi aller plus loin. Il y a beaucoup d’options. On peut les aborder toutes dans le cadre d’une requête légale appropriée.

REPORTER (Jeff Mason de Reuters ): Avez-vous donné ordre à certains de vos fonctionnaires de l’aider [Trump] à faire cela [trouver les options] ?

POUTINE : Oui, je l’ai fait. Oui, je l’ai fait. Parce qu’il avait parlé de ramener les relations US/Russie à la normale.

 

Les preuves qui concernent toute cette affaire – celle de Bill Browder et de la loi Magnitsky – on peut les trouver dans deux articles que j’ai publiés sur ce sujet au début de l’année. L’un, intitulé “Private Investigations Find America’s Magnitsky Act to Be Based on Frauds” (« Des enquêtes privées révèlent que la loi Magnitsky est fondée sur des fraudes ») résume les enquêtes particulières menées de façon indépendante sur les preuves publiquement accessibles en ligne concernant Bill Broder et la loi Magnitsky.

La loi Magnitsky est ce qui a servi de fondement au premier jeu des « sanctions » économiques contre la Russie, instituées en 2012 ;  ceci concerne donc le redéclenchement de la guerre froide (sans le communisme, etc., qui avait été la base prétendue de la guerre froide n°1).

L’autre article, “Russiagate-Trump Gets Solved by Giant of American Investigative Journalism”, (Le Russiagate-Trump, résolu par un géant du journalisme d’investigation américain »), fournit d’autres preuves détaillées et rattache à la fois la loi Magnitsky et Bill Browder à la démarche du 9 juin 2016 de l’avocate russe Nataliya Veselnitskaya, qui a rencontré en privé, à la Trump Tower, Donald Trump Jr, Paul Manafort et Jared Kushner – dans le but de leur communiquer la documentation existante sur cette affaire, afin que Donald Trump, s’il était élu, soit au courant de son existence. Elle avait promis des révélations compromettantes sur Hillary, pour permettre à Trump, qui est effectivement devenu le candidat des Républicains le 26 mai 2016, d’avoir pleine connaissance du dossier, dans cette affaire cruciale.

Le gouvernement russe poursuit légalement M. Browder depuis des années pour 232 millions de $ de fraude fiscale au détriment du pays. Ces enquêtes privées – sur le point de savoir si la loi Magnitsky était basée sur des fraudes – ont toutes révélé que M. Browder avait clairement falsifié et déformé les vrais documents, auxquels des liens renvoient dans ces deux articles que j’ai écrits. Ce pourraient être les mêmes que ceux qu’elle a présentés le 9 juin.

Cette matière est donc d’importance pour juger de la validité (ou pas) non seulement des « sanctions » économiques à l’encontre de la Russie que la loi Magnitsky a servi à justifier, mais aussi des accusations du Russiagate à l’encontre du président Donald Trump. Dans mes deux articles, le public peut cliquer en direct sur les preuves concernant l’affaire Magnitsky.

Source : http://theduran.com/vladimir-putin-just-made-an-unexpected-offer-to-muellers-team/

Traduction : c.l. pour Les Grosses Orchades