Roger Garaudy, Henri Joyeux, les Pacifistes de Tunis, et le père Feroldi vous souhaitent un joyeux Mawlid

Publié le 24/12/2015

  • Roger Garaudy, Henri Joyeux, les Pacifistes de Tunis, et le père Feroldi vous souhaitent un joyeux Mawlid
Une double nativité (Petit Jésus et du Petit Muhammad) à ne pas manquer
 
Par un hasard de calendrier, demain 24 décembre, une grande partie du monde célèbrera deux fêtes: la nativité du Petit JESUS et celle du Petit MUHAMMAD, appelée respectivement en arabe le Milad et le Mawlid.
Ne pas manquer, donc, de saluer conjointement ses amis chrétiens et musulmans car la prochaine correspondance aura lieu dans 548 ans selon certaines sources par ici et certains d'entre nous ne serons donc plus là…
On sait que ces deux petits enfants, qui n'étaient pas turbulents, rappelons-le, ont donné par la suite à l'humanité des moments de joie mais aussi de tristesse: en particulier à tous les pacifistes du monde. Certains ont même vu dans les religions la principale raison des guerres…. Là, nous voudrions partager une grande pensée pour ROGER GARAUDY qui a, de manière unique au monde, œuvré pour une coexistence des diverses spiritualités: dans la joie et, surtout, dans l'égalité des êtres humains, qui constitue leur base commune. Une telle approche n'est évidemment pas étrangère au passé communiste de ce grand homme.
Le Coran (Marie, 33) rapporte que le Petit Jésus, depuis son berceau, adressa ces paroles aux proches de sa maman: "Wassalamu'alayyayawmawulidtuwayawma'amutuwayawma'ub'atuhayyan" ("Que la Paix soit sur moi, le jour où je suis né, le jour où je mourrai; le jour où je serai ressuscité"
Le Messie se salue donc lui-même, ce qui est original…
Nous signalons ce fait parce que les gens de type DASH, y compris en Tunisie, essaient de convaincre en ce moment pas mal de gens que célébrer la nativité du Petit Muhammad est une hérésie antimusulmane (bid'a). Or, non seulement il ya des sources sérieuses qui confirment les aspects très positifs de ces épanchements afin de consolider la religion mais, en plus, il y a le fait que le Prophète jeûnait le lundi et quand on lui a demandé pourquoi, il a répondu que c'était le jour où il était né et avait reçu la Révélation.
 
Par Les Pacifistes de Tunis (pour l'Amour de Dieu, des hommes, des femmes et des animaux)
 
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Jésus rend visible le Dieu caché, par Roger Garaudy

«Je suis venu en ce monde pour une remise en question.» (Jn. IX, 38)
Dans ce monde du désert d’Arabie, travaillé de promesses, de rêves de puissance et de massacres, deux réformateurs religieux sont venus pour une autre promesse, non pas celle de rendre les pauvres riches en leur fournissant par des massacres la terre d’autrui, devenue le signe de leur «élection» mais en faisant de la pauvreté une promesse en soi. Jésus puis Mahomet sont porteurs du même message de paix et de renoncement.
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Ce que Jésus a remis en question le plus radicalement, c'est l'idée que l'on se faisait jusque là de Dieu: d'abord ce n'était plus un super-monarque tout-puissant dirigeant du dehors et d'en haut le destin des peuples et des empires, mais l'être le plus démuni de puissance ou de richesse, immergé au milieu des plus démunis de puissance, et de richesse, et partageant leurs misères, leurs impuissances jusqu'à la mort la plus infamante: celle que l'on réservait aux esclaves rebelles (par exemple à Spartacus et à ses six mille compagnons de lutte). Lire la suite sur: 


http://rogergaraudy.blogspot.fr/2012/09/qui-sera-ton-dieu-par-roger-garaudy_14.html

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Chrétiens et musulmans ensemble, par le père Faroldi

En 2015, la célébration de la naissance de Jésus coïncide avec celle de Mohammed. Le Mawlid aura lieu le 24 décembre pour la totalité du monde arabe et le 25 décembre pour le reste de la planète. Le Père Vincent Feroldi, Directeur du Service National pour les Relations avec les Musulmans (SNRM), explique :

« Depuis plusieurs jours, les médias algériens et marocains en parlent. L’émission Islam de France 2 du 27 décembre 2015 (8h45-9h15) en fera son thème. Des diocèses (Metz, Angers, Lille…) se sont mobilisés autour de l’événement. Chrétiens et musulmans s’en réjouissent en Belgique, en France, au Maghreb…

Cette année, la célébration de la naissance de Jésus, le Verbe fait chair, coïncide avec celle du Prophète Mohammed. Le Mawlid aura lieu le 24 décembre pour la totalité du monde arabe et le 25 décembre pour le reste de la planète. Cette fête permet aux musulmans d’exprimer leur reconnaissance au Prophète, de se rappeler ses vertus, de prier et de vivre un heureux temps familial.

Communautés chrétienne et musulmanes auront ainsi le cœur en fête. Elles rendront grâce à Dieu, chacune dans sa tradition, pour cette bonne nouvelle qu’est la naissance de Jésus ou de Mohammed, naissances qui vont être source d’une rencontre entre des hommes et femmes croyants et Celui qui Source de vie, source de la Vie.

Dans cette unité de date rarissime, beaucoup veulent y voir un signe de Dieu, en ces temps difficiles où la paix annoncée par les anges, la nuit de Noël, est malmenée par la folie des hommes.

C’est en effet la première fois depuis 457 années que ces fêtes de Mawlid – ou Mouloud – et de Noël seront célébrées au même moment. Il faut en effet remonter à l’année 1558 pour trouver une configuration comparable (c’était le 12 Rabiaa Al-Awal de l’an 966 de l’Hégire), alors qu’en 1852, le Mawlid coïncidait avec le 25 (c’était l’an 1269 de l’Hégire).

Pour tous, il ne s’agit pas de verser dans un quelconque syncrétisme, en comparant Jésus et Mohammed. Nous sommes conscients de ce qui nous unit et de ce qui nous différencie. Mais cette simultanéité des fêtes est une très belle occasion de rencontres et d’échanges. Elle offre la possibilité de se dire que nous sommes heureux d’être ensemble, croyants, dans une même attitude spirituelle et humaine où, d’une part, nous nous tournons vers Dieu dans la prière et, d’autre part, nous vivons des temps de fraternité et d’amitié, en famille et avec nos proches voisins et amis.

Heureux sommes-nous donc de pouvoir nous accueillir mutuellement entre chrétiens et musulmans en cette période de Noël !

Heureux sommes-nous de pouvoir exprimer en cette fin d’année, par la parole, par un vœu, par des gâteaux offerts, le respect et la reconnaissance mutuels des deux traditions religieuses.

Heureux sommes-nous de pouvoir donner à nos contemporains un signal majeur sur le « vivre ensemble » en cette époque où, au nom de la religion et de Dieu, certains prêchent la haine ou commettent des attentats.

Profitons aussi de ce moment, pour nous chrétiens, de découvrir la place donnée à Jésus et Marie dans le Coran ! Une sourate entière – la sourate 19 Maryam – est dédiée à la Vierge Marie. Nous y lisons au verset 16 : « Mentionne dans le Livre (le Coran), Marie, quand elle se retira de sa famille dans un lieu vers l’Orient ». Et le verset 21 parle de son fils : « Nous ferons de lui un signe pour les gens, et une miséricorde de notre part. C’est une affaire déjà décidée ».

Oui ! En 2015, Jésus le Sauveur est bien signe, grâce et miséricorde pour tous les hommes ! Il est le Prince de la Paix ! »

http://www.riposte-catholique.fr/perepiscopus/islam/naissances-de-jesus-et-de-mahomet <http://www.riposte-catholique.fr/perepiscopus/islam/naissances-de-jesus-et-de-mahomet

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Le Mercredi 23 décembre 2015 14h38, Professeur Joyeux <wlmailhtml:henri.joyeux@sante-nature-innovation.fr> a écrit :

Comment un nouveau-né peut réconcilier  l'humanité
Un monde de violence qui aspire à la  douceur

L’année  dernière, pour Noël, fête de la douceur, je faisais parler avec humour notre  peau qui réclame tant de soins et d’amour. Comme toutes mes autres lettres,  elle est sur mon site www.professeur-joyeux.com.

Aujourd’hui je  voudrais aller plus loin dans la réflexion.

Récemment, un éminent  collègue et ami, professeur de Droit, me souhaitait de belles fêtes de Noël  avec « cet Enfant qui réconcilie tout ».

Cela me rappelait  l’enfant noyé en Méditerranée, trouvé au bord d’une plage. Sa photo a fait en  24 heures le tour du monde. Elle a réveillé notre humanité endormie face à  l’intolérable drame des migrants qui fuient la barbarie.

Les sombres  jours de novembre en France, après ceux de janvier, et les images atroces qui  ont inondé les médias et les tweets ont déclenché un peu partout en Europe des  peurs parfois incontrôlées, des maux de guerre.

À Montpellier, en  décembre, j’ai même dû annuler au dernier moment, pour raisons de sécurité,  deux journées de congrès axées sur la médecine du futur.

Qui arrêtera  les peurs et les violences qui perturbent la vie quotidienne de tant de pays  en guerre ?

Les politiques internationaux se disputent le leadership  comme des enfants et n’y parviennent pas, noyés dans leur complexité, sauf à  mettre en danger – sous prétexte que c’est leur mission – de jeunes militaires  qui ont choisi de donner leur vie pour nous défendre, pas pour tuer des frères  en humanité.

Que manque-t-il à notre Humanité ?

Sur tous les  continents, jusque dans les plus petits  villages

On fête  la naissance d’un enfant dans la plus parfaite pauvreté. Sans défense, sans  argent, sans maison, entouré d’un père et d’une mère admirables, de quelques  animaux dans une étable. Il vient stimuler notre cœur et nous poser question.  Il ne s’impose pas. Les premiers avertis appartiennent à la classe sociale la  plus simple qui vit dehors à garder les moutons.

En général, un enfant  dès sa naissance stimule ceux qui lui ont donné la vie et les générations qui  l’ont précédé. Il fait vivre et donne sens à la vie.

Aujourd’hui, nul  ne peut se l’approprier, cet enfant de Noël qui a ouvert une ère nouvelle et  fait bouger l’humanité dans ses tréfonds. 2015 années plus tard, croyant ou  incroyant, personne n’y est indifférent.

Noël, un temps de  repos et de méditation

Prendre un peu de temps de silence pour contempler  une crèche, c’est ouvrir son intelligence et son cœur. C'est bon pour notre  santé intérieure, mais c’est aussi bon pour la santé globale de notre société.  Notre corps si dépendant de notre état psychique et affectif jusqu’à sa fine  pointe, la plus spirituelle de notre être, a besoin de ce temps merveilleux du  chant des bergers. Il nous rappelle notre propre enfance et ramène à la  simplicité : accepter de suivre une simple étoile pour arriver à l'essentiel !  

Je profite de ce temps de repos pour lire le magnifique livre qu’un  éminent collègue d’Alger m’a offert, lors de mon passage récent pour  conférences. Le Pr Mostefa Khiati a publié un livre  historique très complet à propos du fondateur du droit humanitaire  international (Editions Forem). Il s’agit de d’Abd el-Kader dont j’ai  déjà parlé dans plusieurs de mes lettres.

Je pensais que le fondateur  était Henry Dunant qui eut le premier prix Nobel de la paix en 1901 pour avoir  fondé la Croix-Rouge internationale.

J’ai compris qu’en réalité Abd  el-Kader l’avait largement précédé, avec double motivations « religieuses  et droits de l’homme » dès 1833. En possession de plusieurs prisonniers  militaires français, il exigea qu’ils soient protégés. En 1837, il promulguait  un décret relatif au comportement avec les prisonniers ennemis : «Tout  Arabe ayant un Français en sa possession est tenu de le bien traiter et a  l’interdiction absolue de tuer un prisonnier désarmé ».  

L’Evêque d’Alger de l’époque, Mgr Dupuch, qui a bien connu  l’Emir et a largement contribué à le faire libérer par Napoléon III, cite dans  son livre ce dialogue étonnant entre un des soldats et l’Emir :

«  Lui ayant demandé ce qu’il donnerait pour chaque prisonnier fait sur l’ennemi,  il répondit “huit douros” Et pour chaque tête coupée ? demanda  insolemment le soldat – Vingt cinq coups de bâtons sous la plante des pieds,  reprit tranquillement l’Emir. »

Ainsi « une loi sévère commande  le respect et les plus grands soins pour les prisonniers.»  

La coïncidence, à Noël, des calendriers chrétien et  musulman pour plus de fraternité


Est-ce un hasard ? Les  calendriers chrétien et musulman – ce dernier basé sur les mois lunaires –  coïncident cette année. Ce n’était pas arrivé depuis 457 ans. On  peut donc fêter le 24 décembre la naissance de ces deux hommes à l’origine,  l’un du christianisme, l’autre de l’islam, et dont les parcours à six siècles  de distance ne sont pas vraiment comparables.

Il est frappant que,  justement en cette année de grandes turbulences et conflits marqués par des  actions barbares, la naissance de Jésus coïncide cette  année avec la naissance (mawlid ou mouloud en arabe signifie  naissance/nativité) de Mahomet, fondateur de l’islam. Cette rencontre  de dates peut être l’occasion d’unir les efforts de paix et de fraternité pour  le bien de tous.

Heureuse nouvelle que nous puissions nous retrouver  et fêter ensemble ces naissances, après les dégâts considérables commis au nom  d’un islam qui n’a rien à voir avec le vrai islam.

La plupart des  médias opposent beaucoup trop ces spiritualités parce qu’ils ne connaissent ni  l’une ni l’autre. Ils ne parlent que de leurs erreurs passées, de leurs  divergences, au lieu de présenter leurs complémentarités planétaires : ce que  chacune peut apporter à l’autre.

Dans sa lettre à  nous, Français de 1855, l’Emir Abd el-Kader écrivait : « Si les musulmans  et les chrétiens avaient voulu me prêter attention, j’aurais fait cesser leurs  querelles : ils seraient devenus, extérieurement et intérieurement, des  frères Que de temps perdu !

Les deux conférences de  l’ancien cardinal de Milan, Carlo Maria Martini, regroupées dans son livre «  Fils d’Abraham – l’Islam est nous » (Ed. Parole et Silence) montrent  bien l’importance de mieux se connaître et qu’il n’est jamais trop tard.  L’enfant de la crèche ne nous le demande-t-il pas ?

Un très beau et  bon Noël à tous avec cet Enfant qui réconcilie tout !  

Professeur Henri Joyeux

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