Le manifeste judéo-nazi d'Ariel Sharon

Publié le 28/01/2017

  • Le manifeste judéo-nazi d'Ariel Sharon

[En l'honneur de la journée mondiale de l'holocauste juif, nous reprublions un document exceptionnel, qui avait beaucoup circulé. Le Monde annonça des poursuites en justice à sa publication en 2002, mais le document était authentique, cela n'alla pas plus loin.]

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Le Manifeste « Judéo-Nazi »
d’Ariel Sharon

ou
Les origines du génocide

actuel des Palestiniens

Edité par :

Le Parti des Musulmans de France ; Le Parti de la France Plurielle ; l’Arab Commission of Human Rights; La Pierre et l’Olivier ; Le Collectif de la Comm. Tun. en Europe

msfar@wanadoo.fr

Tél. : 33- (0)1 43 29 68 98

Al-Quds - Gaza – Strasbourg - Paris

Avril 2002

 

 

Le Manifeste « Judéo-Nazi »
d’Ariel Sharon[1][1]

« Pour ma part, vous pouvez me qualifier de ce que vous voulez. De monstre ou d'assassin, si cela vous plaît. Notez bien que je ne hais pas les Arabes. Au contraire. Personnellement, je me sens beaucoup mieux parmi eux, surtout les Bédouins, que parmi les « yids ». Les Arabes, ceux du moins que nous n'avons pas pourris, sont des gens fiers, raisonnables, cruels ou généreux selon le besoin. Les « yids », eux, sont complètement tordus. Pour les redresser, il faudrait les tordre très fort dans l'autre sens. Voilà toute ma philosophie en deux mots.

 « Pour ma part, vous pouvez donner à l'Etat d'Israël tous les noms d'infamie que vous voulez, l'appeler Etat judéo-nazi si ça vous chante, comme Leibovitz[2][2], pourquoi pas ? Mieux vaut un judéo-nazi vivant qu'un martyr mort. Moi, ça m'est égal d'être un Kadhafi. Je ne demande aux goy ni leur admiration ni leur amour. Je ne demande rien non plus aux Juifs de votre espèce. J'ai envie de vivre, j'ai envie que mes enfants vivent, avec ou sans la bénédiction du pape et des autres grands esprits du New York Times. Le premier qui lève la main sur moi ou sur mes enfants, je le détruirai, lui et ses enfants, sans me préoccuper de la sacro-sainte pureté des armes, et qu'il soit catholique, musulman, juif ou païen. Tout au long de l'histoire les belles âmes qui ont refusé de tuer ont été massacrées par leurs voisins. C'est une loi d'airain[3][3].

« Même si vous me prouvez mathématiquement que la guerre que nous faisons maintenant au Liban et nous sommes loin d'en avoir fini est une guerre pas du tout, mais pas du tout propre, ni morale, ni digne de nous, je m'en moque. Je vous dirai même mieux : même si vous me démontrez par a plus b que nous n'avons atteint et que nous n'atteindrons au Liban aucun des objectifs que nous nous étions fixés ni l'arrivée au pouvoir d'un gouvernement libanais bien disposé à notre égard, ni le recul des Syriens, ni la destruction de l'O.L.P., ni Haddad, ni les quarante kilomètres[4][4] : je m'en moque. Ça valait le coup quand même. Et s'il devait s'avérer dans un an que la Galilée reçoit à nouveau des obus de « katioucha » ce qui m'est un peu égal, nous ferons une autre guerre, nous détruirons et nous tuerons deux fois plus jusqu'à ce qu'ils en aient assez. Et vous savez pourquoi tout cela en valait la peine ? Parce qu'il y a une bonne chance, me semble-t-il, pour que cette guerre nous ait rendus haïssables à tous les pays qui se disent civilisés[5][5]. Une fois pour toutes. C'en est peut-être ainsi définitivement fini de tous ces bavardages sur la spécificité de la morale juive, sur les leçons à tirer du génocide et des persécutions, sur les Juifs censés sortir des chambres à gaz l'âme blanche et pure. Plus de fadaises ! Ce que nous avons fait à Tyr et à Saïda, la destruction de Ein-Haloué[6][6] (dommage qu'on n'ait pas totalement anéanti ce nid de vipères), les solides bombardements de Beyrouth, les minuscules massacres dans ces camps cinq cents Arabes, vous parlez d'un massacre, dommage que ce soient les Phalanges qui s'en soient chargées et pas nous, de nos mains tendres et délicates. Eh bien, toutes ces belles et bonnes actions ont tué définitivement les vieilles rengaines au sujet du peuple d'élite, lumière des nations. Que de la merde enrobée dans de la soie ! Grâce à Dieu nous voilà débarrassés de l'élite et de la lumière !

« Sachez bien que moi personnellement, je n'ai aucune raison d'être meilleur que Khomeyni, que Brejnev, Assad, Khadafi ou Margaret Thatcher, ou encore Harry Truman[7][7] qui a tué un demi-million de Japonais en deux jolis petits bombardements. Je veux bien être plus malin qu'eux. Plus avisé, plus habile, plus efficace, mais en aucun cas je n'ai l'ambition d'être meilleur ou plus beau. Dites-moi vous-même : Est-ce que les méchants sont malheureux dans ce monde ? Que leur manque-t-il ? Quiconque tente de leur porter atteinte en quoi que ce soit, ils lui coupent bras et jambes. Même parfois à ceux qui ne leur ont rien fait. Tout ce qu'ils ont envie de manger, quand ils ont assez de force pour s'en saisir et le dévorer, eh bien ils s'en saisissent et ils le dévorent. Ils n'ont ensuite ni indigestion ni punition du Ciel. Moi, ce que je veux[8][8], c'est voir Israël faire partie du club de ces gens-là. Il n'est que temps. Peut-être le monde se mettra-t-il enfin à me craindre plutôt que de me plaindre. Peut-être redoutera-t-on mes coups de folie au lieu de s'extasier devant ma belle âme. Qu'ils tremblent ! Qu'ils nous traitent de pays de fous ! Qu'ils se disent que nous sommes des sauvages, que nous représentons un danger de mort pour tout le voisinage, que nous sommes des anormaux, capables de piquer une terrible crise pour l'assassinat d'un seul enfant, un seul, et de faire sauter à cause de cela les puits de pétrole de tout le Proche-Orient. Et si, soit dit en passant, c'était de votre enfant qu'il s'agissait, vous tiendriez le même langage que moi. Qu'ils prennent en considération à Moscou, à Washington, à Damas et en Chine que si on tire sur nous, sur un ambassadeur, un consul, ou même un troisième secrétaire attaché aux questions philatéliques, nous sommes capables, sans prévenir, avant notre petit déjeuner, de déclencher la troisième guerre mondiale. Avec cette image de nous-mêmes nous nous attirerons, - ne vous en étonnez pas - de la sympathie. Vu les idées qui prévalent aujourd'hui dans la jeunesse et parmi les intellectuels de l'Occident, tous ces minets et ces femmelettes, on considérera que si nous nous conduisons ainsi, c'est que nous sommes victimes d'une injustice et réduits au désespoir et à la fureur. Et dans ce cas, ils se dépêcheront de nous manifester leur soutien et de s'identifier à notre combat. Voilà comment fonctionne la psychologie tordue des belles âmes tordues. Lisez Frantz Fanon ! De toute façon, avec ou sans manifestations de soutien à un Israël désespéré donc dangereux, l'essentiel est que l'on sache qu'il convient de nous approcher sur la pointe des pieds. Pour ne pas mettre en fureur la bête blessée. Qu'ils tournent autour de nous sur la pointe des pieds. Ce ne sera pas trop tôt ! »[9][9]

 

Installés, T. et moi, sur la terrasse de son agréable maison villageoise, dans un moshav[10][10] des plus aisés, nous contemplons le spectacle d'un coucher de soleil flamboyant sur la crête des nuages, allumant à l'horizon des incendies incertains aux lueurs changeantes de feu, d'or, de mauve et de gris chatoyant. Les orangeraies[11][11] nous enveloppent de leurs senteurs lourdes et sensuelles. Nous sommes assis devant un café liégeois-maison, servi dans de hauts verres fins. T., quinquagénaire[12][12] dont le nom s'est trouvé plus d'une fois mêlé à de glorieux épisodes, est un homme fort et lourd, vêtu d'un short, dont la peau a pris le hâle métallique des blonds qui vivent sous le soleil. Il a étendu ses jambes poilues devant lui et posé sur les accoudoirs de son siège ses mains noueuses semblables à deux bêtes de somme, énormes et lasses. Une cicatrice se devine à son cou. Tout en promenant son regard sur son orangeraie et ses vergers qui s'étendent sur le flanc de la colline, il me dicte d'une voix posée, enrouée par la cigarette, l'essentiel de sa philosophie :

 

« Il y a une chose encore, plus importante que toutes les autres, le fruit le plus doux de cette guerre au Liban : c'est que maintenant on ne déteste plus seulement Israël, on déteste aussi tous ces petits Juifs délicats de Paris, de Londres, New York, Francfort, Montréal et autres trous du même genre. On les déteste enfin, les gentils petits « yids » qui passent leur temps à clamer qu'eux, ils sont différents, qu'ils n'ont rien de commun avec les voyous israéliens, qu'ils sont des Juifs d'une autre espèce, propres et honnêtes[13][13]. De la même manière qu'autrefois le Juif assimilé de Vienne ou de Berlin suppliait l'antisémite de ne pas le confondre avec l' « Ost-Jude » criard et puant qui s'insinuait dans la société civilisée au sortir de son ghetto malpropre d'Ukraine ou de Pologne. Cela ne leur a servi à rien. Et cela ne servira à rien non plus à nos « yids » proprets de hurler jusqu'à demain qu'ils condamnent Israël, qu'ils n'ont jamais voulu et ne voudront jamais faire de mal même à une mouche, qu'ils préfèrent se laisser égorger plutôt que de se battre, qu'ils ont pour mission de montrer aux goys la manière d'être bons chrétiens et de toujours tendre l'autre joue. Ça ne leur servira strictement à rien. Maintenant, ils dégustent à cause de nous et, croyez-moi, c'est un plaisir de voir ça. Ça fait du bien. Ils sont finis, ces petits Juifs qui ont convaincu les goys de céder aux salopards du Vietnam, de céder à Khomeyni, de céder à Brejnev, de prendre Cheikh Yamani en pitié à cause de son enfance de colonisé, de faire l'amour et pas la guerre. Ou mieux encore, de ne faire ni l'un ni l'autre mais d'écrire une thèse de doctorat sur l'amour et la guerre. Fini tout ça. Ils ne peuvent même plus supporter le « yid » le mieux maquillé, car il ne s'est pas contenté de crucifier Jésus, il a fallu qu'il crucifie aussi Arafat à Sabra et Chatila. Les voilà dans le même sac que nous et c'est excellent ! On profane leurs cimetières, on brûle leurs synagogues, on les traite de tous les petits noms classiques, on les chasse des clubs honnêtes, on tire sur eux dans leurs restaurants folkloriques, on assassine un peu leurs petits enfants, on les oblige à ôter la « mezouza » de leurs portes, à déménager, à changer de profession, et bientôt on tracera cette inscription sur leurs luxueuses demeures : « Les Juifs en Palestine. » Et vous savez quoi ? Ils viendront en Palestine, ils n'auront pas le choix.

« Voilà ce que nous avons touché en prime pour la guerre du Liban. Dites, cela ne valait pas la peine ? Les beaux jours ne sont plus très loin maintenant, mon vieux.

« Les Juifs vont commencer à venir. Les nouveaux immigrants ne repartiront plus et les émigrants reviendront. Les Juifs assimilés comprendront alors que rien ne leur sert de se porter volontaires pour être « la conscience de l'humanité » et tout ça. Elle comprendra par son cul, la conscience de l'humanité, ce qui n'a pu entrer dans sa tête bouchée : que les goys, aujourd'hui comme depuis toujours, sont malades des « yids » et de leur belle conscience. Il ne restera plus au peuple juif qu'une seule voie : rentrer à la maison, tous, et vite, se construire un épais blindage, un rempart solide avec un nid de mitrailleuses à chaque coin et se battre comme des démons contre tout ce qui osera ouvrir le bec dans les parages. Si un voisin se dresse contre nous, il faut lui prendre de force, et définitivement, la moitié de son territoire, et lui brûler l'autre moitié. Y compris le pétrole. Y compris l'usage des armes atomiques. Jusqu'à ce que l'envie lui passe de nous chercher noise. Et savez-vous à quoi tout cela aboutira-t-il ? Tenez-vous bien mon vieux, vous allez avoir une sacrée surprise, je vais vous dire, moi, à quoi tout cela mènera. A trois grandes et belles choses, morales, justes, que vous désirez comme moi mais sans savoir comment les obtenir : Primo, au rassemblement des exilés, secundo, au retour à Sion et tertio, à une paix juste et durable. Parfaitement. Après cela le pays connaîtra quarante années de paix et plus, et tout ce que nous souhaitons se réalisera. Nous ne serons plus déracinés, chacun vivra sous sa vigne.

« Aussitôt que nous aurons terminé avec ce chapitre, celui de la violence, alors ce sera à vous de jouer, à vous de dire votre texte. Produisez-nous de la belle culture, des valeurs, de l'humanisme. Faites l'amitié entre les peuples, la lumière des nations, tout ce que vous voulez, la morale des prophètes. Faites-nous un Etat juif humaniste dont le monde entier se félicitera et dont vous vous féliciterez les premiers. Faites-nous avoir beaucoup d'applaudissements, et le championnat du monde de morale en hauteur. C'est ainsi, mon vieux. D'abord viennent Josué et Jephté pour faire place nette, effacer toute trace d'Amalek, et après, après seulement, viendra peut-être le temps du prophète Isaïe avec le loup et la brebis, le tigre et le chevreau et tout ce charmant zoo. A la condition qu'aux temps messianiques aussi, nous soyons le loup et que les goys du coin soient la brebis. Pour plus de sûreté.

« Vous me demandez si je ne crains pas que la masse des petits Juifs que les antisémites vont nous envoyer ne nous enrobe dans sa mélasse et ne nous ramollisse complètement ? Ecoutez : l'histoire a ses ruses, sa dialectique, son ironie. Qui a élargi les frontières de l'Etat d'Israël presque autant que le roi David du mont Hermon jusqu'à Ras-Mohamad[14][14] ? Levi Ben Dvora (Lévi Eshkol). Il a fallu que ce soit ce disciple de Gordon, ce végétarien, cette femmelette. Qui en revanche se prépare à nous ramener entre les murailles du ghetto, qui est le corbeau stupide de la fable qui chante pour le renard et laisse tomber son fromage ? Qui a rendu tout le Sinaï pour avoir l'air bien comme il faut ? Le chef du Bétar en Pologne ! Cet homme si fier, Menahem Ben Hassia (Begin). Voyez qu'on ne peut jamais être sûr de rien. Moi, je ne sais qu'une chose : tant qu'on se bat pour son existence, tout est permis. Même ce qui ne l’est pas, même chasser tous les Arabes de la rive occidentale du Jourdain. Absolument tout.

«Judéo-nazisme, oui, Leibovitz a raison. Et alors, pourquoi pas ? Ecoutez-moi mon vieux. Un peuple qui s’est laissé anéantir et massacrer, qui a permis qu’on fasse du savon de ses enfants et des abat-jour de la peau de ses femmes, ce peuple-là est un plus grand criminel que ses assassins. Pire que les nazis. Vivre dans ce monde de loups sans utiliser ses poings, ses dents et ses ongles, est un crime plus terrible que d'assassiner. La preuve : les petits enfants de Heydrich, de Himmler et d'Eichmann se la coulent douce et se paient même le luxe de nous faire la morale à l'occasion, tandis que les petits enfants du Baal-Shem Tov, du Gaon de Vilna et de tous les Juifs humanistes et pacifistes qui philosophaient si joliment à Prague et à Berlin, ceux-là ne feront plus jamais la morale à personne. Ils ont disparu à jamais.

« Lisez donc la poésie d'Uri Zvi Greenberg[15][15], au lieu de l'eau de rose de Gordon et de Martin Buber. Prenez par exemple son poème : « Mon Dieu, Père des Nations. » Apprenez-le par cœur, cela sauvera peut-être un jour la vie à vos enfants. Si nos délicieux parents, au lieu d'écrire des ouvrages sur l'amour du genre humain, au lieu de marcher en chantant « Ecoute Israël » vers les chambres à gaz, s'ils étaient venus ici et - ne tombez pas de votre chaise - s'ils avaient massacré six millions d'Arabes, ou même un seul petit million, que serait-il arrivé ? On aurait bien sûr écrit sur eux deux ou trois pages pas très agréables dans les livres d'histoire, on les aurait qualifiés de toutes sortes d'adjectifs, mais nous nous serions trouvés ici aujourd'hui, un peuple de vingt, vingt-cinq millions d'habitants. Respectable, non? Et nos écrivains auraient écrit de beaux romans, comme Günter Grass ou Heinrich Böll, sur notre sentiment de culpabilité, notre honte et notre repentir, et ils nous auraient rapporté quelques prix Nobel de littérature et de morale. Notre gouvernement aurait même pu verser, grâce aux revenus de nos puits de pétrole, des indemnités aux Arabes que nous n'aurions pas eu le temps de liquider. Mais, au moins, le peuple juif se serait trouvé sur sa terre. Vingt, vingt-cinq millions ! Et croyez-moi, malgré nos crimes, tous ces salauds de Moscou et de Washington n'auraient cessé de nous courtiser du matin au soir et de nous bombarder de compliments et de propositions. Malgré nos mains couvertes de sang.

« Moi, aujourd'hui encore, je suis prêt pour le peuple juif à me charger volontairement d'exécuter le sale travail, de tueries Arabes selon le besoin, de chasser, brûler, exiler, tout ce qu'il faut pour nous faire détester. Prêt à chauffer le sol sous les pieds des « yids » de la diaspora jusqu'à ce qu'ils soient obligés de se précipiter ici en hurlant. Même s'il me faut pour cela faire sauter quelques synagogues. Cela me serait égal. Et ça me serait égal aussi que cinq minutes après que j'aurais fini tout le sale travail, lorsque l'objectif aurait été atteint et que tout serait en place, vous me fassiez un procès de Nuremberg. Que vous me condamniez à la prison à vie. Que vous me pendiez si ça vous chante, pour crimes de guerre[16][16]. Ensuite vous passerez soigneusement votre belle conscience à l'eau de javel et vous serez assez beaux, grands et sains pour entrer dans le club des peuples civilisés. N'hésitez pas. Laissez-moi me charger de ce sale travail, traitez-moi de tous les noms qui vous passeront par la tête. Ce que vous ne pouvez comprendre, vous autres, c'est que le dégoûtant travail du sionisme ne s'est pas achevé en 1948, et par votre faute. A cause du « yidisme » de votre âme, de votre esprit hérité de l'exil, du complexe de Herbet Hizé. Dommage ! Nous aurions pu être aujourd'hui un peuple comme les autres, avec une morale de végétariens, des rapports de bon voisinage avec l'Irak et l'Egypte, même un casier judiciaire un peu chargé. Comme tout le monde, comme les Anglais, comme les Français, les Allemands, et les Américains qui ont largement eu le temps d'oublier ce qu'ils ont fait aux Indiens et comme les Australiens qui ont massacré presque tous les indigènes. Quoi de mal à cela? Un peuple honorable avec un petit casier judiciaire. Cela se fait dans les meilleures familles. Et je vous l'ai déjà dit, le casier judiciaire, je suis prêt à l'assumer avec Begin et Rafoul[17][17]. Et j'accepte que ce soit vous qui me succédiez, vous les lendemains qui chantent, les purs, les végétariens. Vous écrirez des livres de repentir sur mes crimes. Le grand public admirera votre sens moral. Et l'on vous pardonnera. On vous introduira dans les salons les plus huppés. Mais seulement après que mon canon et mon napalm auront enlevé aux Indiens l'envie de scalper vos enfants et les miens, et que des millions de « yids » auront trouvé ici une maison assez grande pour les accueillir.

« Pourquoi est-ce que je les appelle toujours « yids » ? Je vais vous le dire. Pas avec mes mots à moi parce que moi, n'est-ce pas, je suis un judéo-nazi mais avec les mots de Moïse notre Maître, vous savez, celui des Dix Commandements, un Juif auquel même les goys ont donné un certificat de conformité. Voilà ce qu'il dit de nous : « Et parmi ces nations mêmes tu ne trouveras pas de repos, pas un point d'appui pour la plante de ton pied. Là, le Seigneur te donnera un cœur effaré, mettra la défaillance dans tes yeux et l'angoisse en ton âme, et ton existence flottera devant toi incertaine, et tu trembleras nuit et jour et tu ne croiras pas à ta propre vie. » Voilà tout l'Exil en une phrase, la description exacte du « yid », comme sous l'œil du microscope, tel que le sionisme est venu le faire disparaître. Mais ce ne sera pas possible tant que les « yids » n'auront pas compris où ils vivent et ce qui les attend s'ils ne rentrent pas à la maison avant la nuit. Le «yid» a la comprenette difficile, « Peuple aussi têtu que l'âne ». Regardez autour de vous en ouvrant bien les yeux, vous verrez que la nuit approche, la nuit revient. Et nous savons quel est le sort du « yid » qui est dehors quand la nuit vient. Tant mieux si la petite guerre du Liban a un peu assombri leur horizon, s'ils commencent à avoir peur et à souffrir ! Ils vont rentrer à la maison, à toute allure avant que tombe la vraie nuit. Je suis antisémite ? Oui ? Bien, alors effacez tout ça, ne prenez pas note de ce que je viens de vous dire. Il ne faut pas citer un antisémite. Ecrivez plutôt ce qu'a dit Lilienblum[18][18]. Il n'était pas antisémite, lui, il a même une jolie petite rue à son nom à Tel-Aviv. (Et T. prend un petit cahier posé sur la table avant mon arrivée dans lequel il lit :) « N'est-ce pas le signe que nos pères et nous-mêmes avons souhaité et souhaitons encore demeurer la honte de l'humanité ? Que nous aimons vivre comme des bohémiens ? » C'est Lilienblum qui parle, pas moi. Faites-moi confiance, mon vieux, j'ai passé toute la littérature sioniste au peigne fin, je n'avance rien sans preuves. Vous voulez entendre Herzl en personne ? Je vous en prie : « Lorsque l'homme est en bonne santé et que ses affaires marchent, il peut supporter le reste. » Je ne sais si Herzl parlait le yiddish, on dit que non, mais cette phrase lui vient tout droit de la déformation yid, elle montre exactement le chemin pour Auschwitz. Lilienblum et Herzl ne vous suffisent pas ? Ecoutez alors ce que dit un philosophe et médecin de classe internationale, Maimonide : « La raison pour laquelle nous avons perdu notre royaume et pour laquelle notre Temple a été détruit, notre exil prolongé, c'est que nos pères ont péché en n'apprenant pas la guerre et la conquête de territoires. » La conquête de territoires mon vieux. Pas la simple défense des vies et des biens ! Ni la ligne verte ! Ni la guerre-faute-de-choix ! Vous pouvez écrire de moi que je suis le déshonneur du genre humain, je n'y vois pas d'inconvénient. Au contraire, je vous propose de nous répartir la tâche : je ferai ce qu'il faudra pour chasser les Arabes le plus loin possible d'ici, tout pour susciter l'antisémitisme, et vous, vous écrirez des poèmes sur le triste sort des Arabes et vous viendrez recueillir à pleins seaux les « yids » que j'aurai fait se réfugier ici. Vous leur apprendrez à être la lumière des nations. Moi je détruirai Hirbet-Hizé et vous, vous prononcerez son oraison funèbre et manifesterez contre moi. Vous serez l'honneur de la famille, moi j'en serai la honte. D'accord comme cela ? »

 

A un moment de son monologue, ici ou plus tôt peut-être, j'ai interrompu T. pour exprimer à voix haute une réflexion qui me traversait l'esprit, plus pour moi sans doute que pour lui : Est-il possible que ce que Hitler a infligé aux Juifs n'ait pas été seulement un coup de hache, mais aussi une morsure de serpent, dont le venin s'est insinué dans les cœurs de certains d'entre nous ? T. ne proteste ni n'élève le ton, de même qu'il a gardé son calme tout au long de son monologue, de même qu'il n'a sans doute jamais élevé la voix pendant les heures difficiles qu'il a connues ou les exploits fameux auxquels il a pris part. Il me répond tranquillement :

 

« Ecoutez, mon vieux. Si les Juifs avaient moins pratiqué la masturbation intellectuelle sur le salut du monde et le progrès de l'humanité - je veux dire Marx, Freud, Kafka, Einstein aussi - s'ils s'étaient au lieu de cela dépêchés de créer, n'aurait-ce été que dix ans plus tôt, un tout petit Etat juif, une tête de pont indépendante, et s'ils avaient inventé pour défendre ce petit bout de pays un petit bout de bombe atomique, s'ils avaient fait ces deux choses-là, il n'y aurait pas eu d'Hitler. Ni de génocide. Personne au monde n'aurait osé toucher aux Juifs et nous serions ici aujourd'hui vingt millions, du canal jusqu'aux champs pétrolifères. Nous n'aurions même pas eu à lancer notre bombe sur les Allemands ou les Arabes. Il aurait suffi qu'existe une bombinette dans un entrepôt d'un minuscule État juif, en 1936 ou en 1939, pour qu'aucun Hitler n'ose toucher à un seul cheveu d'un seul Juif : Tous ceux qui ont disparu seraient vivants, eux et leurs descendants. Etait-ce vraiment au-dessus des moyens des Juifs du monde entier de fonder, dans les années trente, un petit Etat avec une petite bombe ? Nous aurions peut-être ainsi fait faire aux goys l'économie d'une Seconde Guerre mondiale, et à nous-mêmes celle de cinq ou six guerres avec les Arabes. Ecoutez ce qui est écrit à ce sujet dans le Deutéronome : « Et vous serez réduits à une poignée d'hommes, après avoir égalé en multitude les étoiles du ciel, parce que tu auras été sourd à la voix de l'Eternel ton Dieu. » Ça ne vous fait pas froid dans le dos d'entendre ça? Dans les environs du même verset, il est écrit sur les Juifs de votre espèce : « L'homme le plus tendre parmi vous et le plus délicat... mangera de la chair de ses enfants... tellement tu seras assiégé et cerné par ton ennemi dans toutes tes villes. » Ça ne vous plaît pas trop, hein ? Je le vois bien à la tête que vous faites, que vous n'aimez pas ça, ce n'est pas dans l'esprit de nos belles traditions de manger de la chair de ses fils. Dégoûtant, répugnant ! Vous avez raison. Mais si nous ne voulons pas que cela nous arrive à nouveau, il nous faut nous débarrasser une fois pour toutes de la maladie « yid ». Ne pas être cet homme tendre et délicat, pas sur cette planète en tout cas, sur celle du Petit Prince peut-être, mais pas sur la nôtre.

 « Tenez, entrons à l'intérieur, les moustiques que j'ai ici n'ont pas tellement de sympathie pour les gauchistes. Tel que je vous vois, vous avez besoin d'un bon verre de whisky. Asseyez-vous. J'en ai plusieurs sortes. Lequel voulez-vous? Il va certainement vous falloir une ou deux minutes d'hésitation avant de vous décider. Prenez votre temps, mon vieux, et quand vous aurez fini de vous tâter, dites-moi ce que vous aurez choisi et nous trinquerons ensemble. En fait, je devrais vous pendre, vous et tous vos amis, mais au lieu de cela, je vous fais des discours et je vous offre du whisky. Je suis peut-être devenu moi-même un peu « yid ». C'est très contagieux. »

 

 

 

Notes de l’Editeur

 

 

Ce véritable manifeste « judéo-nazi » est le texte d’une interview effectuée par Amos Oz, fameux journaliste et écrivain israélien de gauche et anciennement pacifiste, parue dans le journal israélien Davar du 17 décembre 1982. Le texte que nous venons de lire a paru en 1983 dans un recueil en Hébreux du même auteur, et traduit dans la même année en Français par Calmann Lévy à Paris, sous le titre : « Les Voix d’Israël ». Oz a choisi pour titre à cette interview : « Tendre et Délicat » (pages 79 à 91). C’est cette version française que nous avons choisie de reproduire ci-dessus, accompagnée d’une traduction anglaise partielle (ci-dessous).

Le journaliste israélien Amos Oz n’a pas voulu révéler le nom de son interlocuteur, expliquant dans ce même livre que « comme T. refuse toujours de « se découvrir », je suis contraint de respecter la promesse que je lui ai faite de conserver son anonymat. » Or, l’identité du personnage qui se cache derrière la lettre « T. » ne laisse aucun doute : ni par la description physique donnée du personnage, ni par celle de l’endroit où l’interview a eu lieu (un moshav près de Tel-Aviv), ni par le discours tenu au cours de cette interview peu après la nomination de la commission d’enquête sur les massacres de Sabra et Chatila. De toute évidence, Sharon a senti, après sa mise en examen, et avant que l’enquête ne soit terminée, que son avenir politique est définitivement compromis. C’est ce qui explique qu’il se soit « lâché » sans aucune retenue, laissant tomber du coup le masque et dévoilant en toute sérénité ses cartes. Il s’agit d’une justification idéologique des crimes commis au Liban et que la majorité des Israéliens lui reprochaient à l’époque. Il voulait dire en quelque sorte : vous me reprochez tous d’être un nazi, eh bien je le revendique haut et fort, car il n’y a que cela de vrai et de juste dans ce monde, et cette méthode a prouvé son efficacité depuis Hitler…

C’est donc une véritable profession de foi nazie. Sharon le dit et le revendique en toutes lettres : il est un « judéo-nazi » ! Pire encore, il y annonce explicitement et nommément sa volonté d’appliquer aux Palestiniens ce que Hitler a fait aux juifs durant la 2ème guerre mondiale, et regrette que ce programme n’ait pas été appliqué en 1948, lors de la création de l’Etat d’Israël (où une guerre a été déclenchée pour s’emparer des terres palestiniennes et à laquelle Sharon en personne a participé.)

Cette profession de foi n’a pourtant de scandaleux que le fait qu’elle dit ouvertement et explicitement ce que l’idéologie sioniste a toujours affirmé avec moins de précautions verbales depuis sa naissance vers la fin du XIXème siècle. En fait, ce Manifeste résume l’idéologie sioniste non seulement vis-à-vis des Palestiniens arabes, mais surtout vis-à-vis des juifs dans le monde : Sharon y explique la nécessité d’une double déportation : celle des juifs vers la terre de Palestine et celle des Palestiniens hors de la Palestine. En clair, le sionisme adopte le credo du mouvement antisémite : le juif est un étranger dans son propre pays et il doit prendre un « billet sans retour ». Cette dernière expression - qui a été employée par Sharon il y a quelques jours à l’adresse d’Arafat et des Palestiniens de Ramallah, n’est pas une invention de Sharon, mais des Nazis qui, le 1er Avril 1933, lors de la journée du boycott des commerces juifs à Berlin, l’ont placardée sur les échoppes des juifs en ces termes : « Un aller sans retour pour la Palestine. » Rappelons ici une autre imitation des Nazis, quand Sharon a tatoué les Palestiniens arrêtés dans les camps de détention israéliens.

Pour se débarrasser des juifs, le sionisme et l’antisémitisme ont œuvré ensemble pour accréditer cette idée raciale du juif « étranger dans son propre pays», à l’instar de Théodore Herzl fondateur du mouvement sioniste, qui a considéré les juifs comme des « touristes » dans leur pays. Ce que l’on sait le moins, c’est que Herzl a été le premier à avoir revendiqué et employé l’expression de « solution finale »[19][19] pour la question juive, avant même que les Nazis ne s’en emparent.

Le National-Socialisme (= nazisme) allemand de Hitler a agi contre les juifs au nom même de l’idéologie sioniste et a tissé des liens étroits avec ce mouvement au point d’adopter le même programme revendiqué par les sionistes : la déportation des juifs d’Europe en Palestine. La guerre a cependant contrecarré l’exécution de ce plan, avec tout le drame que l’on sait.

Ce que nous appelons aujourd’hui fascisme ou nazisme, c’est aussi  une idéologie raciale fondée sur le principe de la force brutale comme source légitime de l’histoire humaine. C’est la loi de la jungle et du fait accompli. C’est cette même idéologie qui a été revendiquée par les sionistes allemands et d’Europe centrale qui faisaient eux-mêmes partie de la mouvance fasciste européenne. L’expression de « Mur d’Airain » résume cette idée de l’emploi de la force brutale comme méthode d’action politique privilégiée. Toute la politique sioniste en Palestine avant et après la création de l’Etat d’Israël a obéi à la loi de la force et du crime comme outils nécessaires  pour atteindre des objectifs politiques.

Ce sionisme-fascisme juif, a été rejeté par le judaïsme et il était resté longtemps minoritaire. La 2ème Guerre mondiale a cependant inversé ce rapport et le judaïsme a basculé dans le camp du sionisme. Cette identification du judaïsme au sionisme a été une véritable victoire idéologique posthume du nazisme qui a œuvré pour faire du judaïsme une entité raciale, et non religieuse comme l’est le christianisme ou l’islam.

On le voit, la revendication ouverte qu’Ariel Sharon fait de l’idéologie nazie dans ce Manifeste ne devrait pas nous étonner outre mesure, aussi scandaleuse soit-elle. Elle est le simple aveu de la logique propre du mouvement sioniste dès sa genèse. C’est pourquoi la majorité des israéliens et des sionistes en général trouvent normaux les crimes contre les populations civiles palestiniennes et arabes et la politique d’expansion d’Israël. Les Israéliens ont élu en 2001 en la personne d’Ariel Sharon un criminel contre l’humanité multirécidiviste, et admirateur de Hitler, et ce avec une large majorité et avec l’appui de tous les partis y compris les socialistes israéliens qui font partie de son gouvernement. Aucune protestation étrangère n’est venue pour dénoncer ce scandale sans nom et cette menace contre la paix dans le monde.

Sharon a commencé sa carrière militaire à l’âge de 14 ans dans l’organisation terroriste la Gadna puis la Haganah qui joua en 1947-48 un grand rôle dans les massacres des populations palestiniennes pour les pousser à quitter leur pays. En 1953, Sharon forma un commando Spécial dit « Unité 101 », sur le modèle des Einsatzgruppen allemands destinés au nettoyage ethnique des juifs derrière les lignes de front lors de la 2ème Guerre mondiale. En octobre 1953, l’Unité 101 s’attaqua au village de Kibya sur la rive droite du Jourdain, tuant 69 habitants la plupart des femmes et des enfants, et détruisant 45 maisons. En juin 1967, Sharon, promu commandant du front égyptien, se lança dans des opérations de représailles contre les Palestiniens dans la bande de Gaza : des milliers de maisons ont été démolies, des centaines de jeunes déportés au Liban et en Jordanie et 600 femmes et enfants déplacés au Sinai.

Les évènements tragiques qui se déroulent aujourd’hui sous nos yeux à Ramallah et ailleurs en Palestine, sont la conséquence logique à la fois du principe même du sionisme et du principe de l’apartheid, mais aussi de la compromission de l’Occident avec ce mouvement peu recommandable. Les pays occidentaux assument une responsabilité incontestable dans les crimes commis en Palestine, surtout depuis que Sharon a été élu Premier ministre et reçu en grande pompe en Occident.

Il y a des mois, des voix se sont élevées pour protester contre cette forfaiture du monde civilisé lors de l’accession de Sharon au poste de Premier ministre. Voici ce que Genie Trone, une internaute inscrite sur la liste Together, disait à ce propos le 30 août 2001, s’inquiétant qu’un démon[20][20] puisse présider aux destinées de la région la plus sensible dans le monde :

« Dans ce texte Sharon apparaît comme un démon incarné et il est évident que les Israéliens ont élu un monstre qui va reproduire en Palestine le même maelström de mort et de destruction que celui qu’il provoqua au Liban. Et d’après ce que Sharon dit dans son interview, son intention est aussi d’essayer d’apporter la ruine à tous ces « beaux » juifs de ce monde qu’apparemment il méprise, en les « retournant carrément dans l’autre sens ». Il dit clairement aux Palestiniens autant qu’aux « bons » Israéliens et juifs : « maudites soient vos maisons », et il trouve de la mauvaise intention partout sauf en lui-même.

« C’est un de ces « prophètes » qui ne mérite aucun honneur dans son propre pays, ni ailleurs… peut-être seulement à La Haye où il serait merveilleux qu’il soit honoré comme un criminel de guerre et gratifié d’une longue peine de prison dans une cellule froide. Et peut-être aussi Amos Oz - qui maintenant admire ce personnage qu’il compara un jour aux Nazis -, devrait être mis dans une cellule calfeutrée à côté de Sharon, ou au moins avoir une mention honorable en tant que fin traître à ses propres idées. Comme je l’ai dit avant, je commence à me douter qu’Oz soit atteint de la maladie d’Alzheimer du moment qu’il ait totalement oublié le portrait vil qu’il nous fit il y a presque vingt ans du Premier ministre actuel.

« Maintenant que Sharon agit en tant que Premier ministre et chaque jour nous entendons des crimes de guerre israéliens de plus en plus graves et de plus en plus outrageants perpétrés dans les Territoires occupés, l’interview prend une signification de plus en plus alarmante pour toute personne concernée : pas seulement pour les Palestiniens, mais aussi pour les Juifs qu’ils soient Israéliens ou non… Et bel et bien pour chacun de ces derniers. Comment les Israéliens pourraient-ils voter pour quelqu’un comme lui ? Comment les USA peuvent-ils soutenir quelqu’un comme lui ? Comment les Israéliens peuvent-ils permettre à cet esprit tordu de répandre encore une fois mort et destruction sur son passage quand eux-mêmes et leur Cour suprême ont crié leur opposition inébranlable il y a bien longtemps ?

« L’affaire est bien plus qu’alarmante… elle est terrifiante et me donne des frissons à l’idée qu’il est devenu maintenant Premier ministre ! Alors, encore une fois, j’ai repris cette ancienne interview, je l’ai dépoussiérée, et je l’ai envoyée [sur internet] accompagnée d’ un grand cri d’alarme, mais aussi avec un grand cri de scandale vis-à-vis de ce que l’on s’attend d’un tel monstre, le « Boucher de Sabra et Chatila », et encore une fois le « Bulldozer des Territoires occupés »… dont les idées sont si sinistres et démentes qu’elles semblent, oh si incroyables ! »

  

 



[1][1] Nous donnons le texte de l’interview d’Ariel Sharon recueillie et publiée par le journaliste israélien Amos Oz dans Davar du 17 décembre 1982, peu après sa démission suite à la nomination d’une commission d’enquête sur ses crimes à Sabra et Chatila. Voir d’autres indications en 2 ème partie de cette publication.

[2][2] Professeur Yeshayahu Leibovitz, universitaire orthodoxe, connu pour sa dénonciation du nazisme en Israël.

[3][3] L’expression « loi-d’airain » est caractéristique de la doctrine et du langage du National-Socialisme allemand.

[4][4] Ce sont là les principaux buts de guerre lors de l’invasion du Liban décidée par Sharon à l’insu de son gouvernement.

[5][5] Le rejet de la morale et des principes de la civilisation est un leitmotiv dans la littérature nazie.

[6][6] Camp de réfugiés palestiniens près de Tyr, il a été soumis à de violentes attaques de l’aviation israélienne notamment le 12 juin 1982.

[7][7] Il est clair que l’auteur parle en tant que premier responsable des opérations, qui n’est autre qu’Ariel Sharon !

[8][8] Il est encore clair que ce personnage est un « décideur en chef », donc, encore, Ariel Sharon.

[9][9] Sharon vient d’expliquer un des pièges de la politique d’agression israélienne : plus ses crimes sont horribles plus on lui trouve des excuses.

[10][10] Il s’agit bien probablement de Kfar Malal, où Sharon est né en 1928. C’est un village agricole situé dans la vallée de Sharon, à dix milles de Tel Aviv et de Jafa. Il a été un des premiers moshavs fondés en Palestine. Ces fermes coopératives sont gérées à l’origine selon des principes communautaristes inspirés de leurs homologues en Allemagne des années 20 et 30 et encouragés par le régime hitlérien.

[11][11] La ferme de Sharon renfermait des orangeraies…

[12][12] En 1982, date de l’interview, Sharon avait 52 ans.

[13][13] Une des tactiques du sionisme, depuis qu’il est passé à l’action, a été de favoriser l’amalgame entre sionisme et judaïsme, notamment par l’incitation à la haine et la violence contre les juifs.

[14][14] Ville côtière du Sinaï, près de Sharm el-Sheikh.

[15][15] Poète israélien né en Galicie et émigra en Palestine en 1924. Il adhéra à l’organisation terroriste l’Irgun et il a été élu à la Knesset en tant que membre du parti Herut.

[16][16] Allusion à l’enquête décidée quelques semaines plus tôt, le 29 septembre 1982, sur les massacres de Sabra et Chatila par les Phalangistes sous contrôle de Sharon.

[17][17] Rafaël Eytan, Général d’armée, ami de Sharon ; a démissionné après les massacres de Sabra et Chatila.

[18][18] Publiciste juif de Russie (1843-1910) qui se convertit aux thèses sionistes après les pogroms de 1881.

[19][19] Herzl a revendiqué pour la première fois - et employé cette expression - : « endgültige Lösung des Judenfrage » (solution finale de la question juive) dans le journal Der Kongress du 4 juin 1897, texte reproduit dans T. Herzl, « Zionistische Schriften, Gesammelte Zionistische Werke, Vol I, Tel-Aviv, 1934, page 154.

[20][20] Il y a lieu de s’interroger sérieusement sur la pathologie psychique dont est atteint Sharon. Il n’existe malheureusement à l’heure actuelle aucune approche psychologique du personnage. 

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