Le Figaro et ses clients en question, à propos du synode

Publié le 05/11/2015

  • Le Figaro et ses clients en question, à propos du synode


En réponse à l'article du Figaro  "L'Eglise devient-elle protestante?", 28 octobre 2015, par Maria Poumier

 

Quelques rappels

Le pape François est victime du mépris des Européens, vexés qu'un pape latino soit assis sur le trône de saint Pierre; ils ont presque laissé ou fait crever l'Eglise, qui est bien vivante ailleurs, et ils veulent faire la leçon au pape, un comble.

En tant qu'Argentin, justement, le pape est un homme de terrain, et non pas un talmudiste ou un pharisien à la sauce vaticane : il part de la réalité du laxisme qui s'est introduit partout, pas de son petit nuage nostalgique.

Grand amateur de foot, il a un but, faire marquer des points à Dieu; autrement, il aurait jeté le froc aux orties depuis longtemps. Pour faire de Dieu son buteur, il a besoin d'une équipe qui ait les bons réflexes : c'est nous, et c'est nous qui devons être offensifs et rusés à la fois, non pas pour lui casser la baraque, mais pour le soutenir, pour être sa garde et son arrière-garde!

Il n'a rien légitimé d'hérétique, il nous dit juste, et très justement : soyez des évangélisateurs en famille, avec vos familles, pour vos familles, par l'exemple de vos familles (conclusions du synode). Qui est contre? Seulement les grincheux qui choisissent le confort de déblatérer avec condescendance sur le pape, en faisant des patenôtres rancunières du fond de leur tanière, nullement gênés par leur réputation bien établie d'indifférence absolue aux problèmes bien réels de l'humanité (écologiques, sociaux, politiques, avec l'impérialisme occidental détruisant toute valeur, toute société, toute richesse).

Les Escada et autres autoproclamés gardiens du temple qui regardent le pape de haut vont-ils se réveiller? Pas sûr, parce qu'ils ne savent plus ce que c'est que l'humanité affamée.
Notre pape a-t-il toujours "la main de Dieu" au bout de son ballon? Il est probable qu'il fait des erreurs, comme tous les mortels, des maladresses, ou qu'il ne voit pas à temps un certain nombre de pièges. A nous, dans ce cas, de le secourir, de l'aider à aider Dieu à reprendre la main. Ce que fait le cardinal Sarah, le Guinéen de choc, par exemple, qui part, non de la logique des pharisiens, mais de la force théologale de l'Afrique et des Africains, qu'il défend infailliblement comme "poumonspirituel de l'humanité". (Le jour où il sera élu pape à son tour, nos petits tintins chevrotants vont se boucher le nez, et ne sauront plus quoi dire à part quelque chose du genre: "ciel, mes neurones, voici que je suis enrhumé"...)

Notre ennemi, ce ne sont pas les individus affiliés à tel ou tel groupe qui ne se soumet pas à notre dogme: ce sont les maîtres du discours, les gens qui organisent le vacarme médiatique: ceux-là pervertissent toujours, par tous les temps et à chaque occasion, la parole de ceux qui transmettent Dieu: que ce soit une décision du pape, une déclaration d'évêque, une manifestation de croyants de base. Dénoncer les falsificateurs, faire de la réinformation, c'est bien. Souligner la radicalisation de notre pape dans un sens anti-impérialiste, anti-dictature globale financière, anti-belliciste, c'est bien, c'est indispensable!!!!

S'exprimer par des paroles muettes plus fortes que les discours, car impossibles à falsifier, c'est bien aussi. Ainsi les musulmanes humiliées par notre société, en colère, se voilent: geste parfait, parlant, résistant, insolent, sans pourtant violer les lois.

Qu'est-ce que nous attendons, nous, pour rétablir les signes et vêtements significatifs dans le cadre chrétien? Ce n'est pas interdit. C'est juste par paresse, par commodité, que nous nous contentons des usages "pratiques pour tous". Et aussi parce que nous ne voudrions sous aucun prétexte "faire le jeu des islamistes". Alors que chez nous, ils vivifient massivement la foi, toutes pratiques confondues!

Avec le pape François, avec saint François qui aimait les musulmans, poussons donc le bouchon un peu plus loin au lieu de jouer contre notre propre équipe, l'Eglise. N'oublions pas si facilement le dogme de l'infaillibilité papale: cela ne veut pas dire que chaque pape soit infaillible en toute chose, mais que Dieu ne lâche pas la barre de notre frêle esquif, l'Eglise. A nous de souffler dans les voiles de toutes nos forces, de toute notre imagination inspirée.


Notre pape argentin a le don des langues, il parle clair dans la langue de chacun des pécheurs, ce pourquoi il est bien réellement populaire et compris par le peuple, bien plus populaire que ne le souhaitent les médias, qui se feront une joie de l'accabler dès qu'ils en auront l'occasion, parce que c'est leur fonction, c'est pourqu'ils fassent ce sale boulot que le système investit massivement dans les médias. Bon à savoir : les Argentins, c'est normal, adorent "leur pape", c'est le Maradonna de Dieu, le Messi Messie, si on peut dire. Eh bien la presse argentine (qui est régie par les mêmes capitaux et cerveaux que la nôtre à nous) passe son temps à essayer de l'enfoncer, ce bon pape. C'est un signe.

Dès qu'ils détectent un point faible, en Europe aussi, nos médias prétentieux, Figaro bourgeois compris, font ce qu'ils peuvent pour réduire sa popularité. A nous de le traduire dans la langue des sourds, notre pape qui écoute, qui écoute Dieu dans le peuple vrai des pauvres. Avec une église de France clivée entre tradis et nantis ordinaires, Satan peut continuer sa sieste. Appuyons-nous, nous tous qui espérons être les plus clairvoyants, les moins égarés par l'opium de la presse, appuyons nous sur les claires sentences du pape, et de ce fait, nous le soutenons pour qu'il puisse hisser le ballon de Dieu encore plus haut, pour viser encore plus loin, en déjouant encore plus de gardiens du mal. 

Quelques applications

Une église profondément divisée, par la morgue d’une petite caste qui se voit en héritière légitime de la noblesse d’Ancien Régime, petite caste qui se permet de tancer le pape ; et en face, la foule de millions d’hommes qui aiment le pape, parce qu’ils se savent compris par lui.

En jésuite, le pape est très indépendant, très diplomate, et très guerrier. Il a le sens des étapes, de la stratégie et de la tactique. Aux USA, lors de l’AG de l’Onu, il a rencontré en privé Poutine, Obama, la présidente argentine. C’est en secret qu’il fait avancer bien des causes.

En franciscain, il est proche des pauvres, et de la sagesse des autres ; comme saint François, non seulement il protège naturellement les hommes, les bêtes et les plantes, parce qu’il comprend leur langage, mais il est aussi de plein pied avec tous ceux qui, dans les autres cultures, partagent le même sens de la pauvreté, de la sagesse par le renoncement. Comme saint François, il est un bâtisseur de ponts avec les musulmans, par exemple.

A l’heure où les puissances occidentales se décarcassent pour dresser les peuples européens contre les musulmans, identifiés au terrorisme, il leur casse la baraque. La miséricorde est son bouclier ; il y a une logique de la miséricorde, et elle dévitalise celle des belliqueux tout puissants qui usurpent les notions de droit, de justice, de démocratie.

Que les traditionnalistes fassent pression pour plus de liturgie, plus de rigueur morale, plus d’abstinence, plus de chasteté, plus de fidélité à la tradition, c’est très bien. Mais pourquoi ne pas le faire en soutien au pape, pourquoi ne pas prier avec lui ? Il n’est pas un libertin, un tricheur, un corrompu ou un ignorant. Donc…

Donnons l’exemple, pourquoi pas. Les catholiques les plus militants pour protéger les familles sont en Afrique, où ils dénoncent les campagnes de stérilisation et de vaccinations qui inoculent des poisons. Protéger la famille, est ce que ce n’est pas avant tout se soucier de sa santé ?

Le final du synode dit que les familles sont le lieu de l’évangélisation, que les familles chrétiennes éclairent les autres, et doivent le faire toujours plus. Nos autorités religieuses ont besoin de bras, ont besoin que nous donnions l’exemple.

Parce que tous nous partageons les bonnes recettes vitales : fidélité, chasteté, respect de la vie. Le cardinal Sarah dit : les athées, ça n’existe pas, ce sont des gens en guerre contre Dieu, dans une certaine étape, l’athéisme n’est pas le fruit d’un raisonnement, c’est juste une agressivité, une volonté d’en découdre avec Dieu, une étape dans le combat avec l’ange, une croyance passagère en l'inexistence de Dieu, jusqu'au jour où... un pied dans la tombe, on s'aperçoit qu'on a misé sur le mauvais cheval. Il est toujours temps d'en revenir, et de toutes façons, même à partir de l'athéisme, on fait bien souvent le jeu de Dieu, dans un cadre laïcisé, où il reste néanmoins vicace.

Que ceux qui n’ont pas eu de bons parents le deviennent ; miser sur la famille comme structure d’évangélisation, c’est par définition rejeter gender, industrie de l’infertilité et de la procréation. Rempart contre l’individualisme qui nous met à la merci de grosses structures dévorantes, lieu de la résistance, notre famille, c'est la famille des gens qui se battent pour leurs enfants, de quelque obédience qu'ils se réclament.

 

 

 

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