L’idéologie du genre est devenue la condition perverse pour la coopération et le développement, par le cardinal Sarah

Publié le 25/10/2015

  • L’idéologie du genre est devenue la condition perverse pour la coopération et le développement, par le cardinal Sarah

Au risque de choquer, je pense que le colonialisme occidental se poursuit aujourd’hui, en Afrique et en Asie, avec plus de rigueur et de perversion, par l’imposition violente d’une fausse morale et de valeurs mensongères. Je ne nie pas que la civilisation européenne ait pu apporter de grands bienfaits, en particulier avec ses missionnaires qui furent souvent de grands saints. Elle a répandu partout la parole des Evangiles, ainsi que de belles expressions culturelles façonnées par le christianisme. C’est avec raison que Benoît XVI souligne, dans ses derniers vœux à la Curie, que « l’identité européenne se manifeste dans le mariage et la famille. Le mariage monogamique, la structure fondamentale de la relation entre l’épouse et l’époux, ainsi que la famille conçue comme cellule de formation pour la communauté sociale, voilà ce qui fut modelé à partir de la foi biblique. » A l’inverse, il existe des tentatives répétées pour implanter une nouvelle culture qui nie l’héritage chrétien.

Concernant mon continent d’origine, je veux dénoncer avec force une volonté d’imposer de fausses valeurs en utilisant des arguments politiques et financiers. Dans certains pays africains, des ministères dédiés à la théorie du genre ont été créés en échange de soutiens économiques ! Quelques gouvernements africains, heureusement minoritaires, ont déjà cédé aux pressions en faveur d’un accès universel aux droits sexuels et reproductifs. Nous constatons avec une grande souffrance que la santé reproductive est devenue une « norme » politique mondiale, contenant ce que l’Occident a de plus pervers à offrir au reste du monde en quête de développement intégral. Comment les chefs d’Etat occidentaux peuvent-ils exercer une telle pression sur leurs homologues de pays souvent fragiles ? L’idéologie du genre est devenue la condition perverse pour la coopération et le développement.

En Occident, des personnes homosexuelles réclament que leur vie commune soit juridiquement reconnue, pour être assimilée au mariage ; faisant écho à leurs revendications, des organisations exercent de fortes pressions pour que ce modèle soit aussi reconnu par les gouvernements africains au titre du respect des droits humains. Dans ce cas précis, nous sortons, à mon sens, de l’histoire morale de l’humanité. Dans d’autres cas, j’ai pu constater l’existence de programmes internationaux qui imposent l’avortement et la stérilisation des femmes. 

Ces politiques sont d’autant plus hideuses que la plus grande partie des populations africaines sont sans défense, à la merci d’idéologues occidentaux fanatiques. Les pauvres demandent un peu d’aide, et des hommes sont suffisamment cruels pour empoisonner leur esprit. L’Afrique et l’Asie doivent absolument protéger leurs cultures et leurs valeurs propres. Les agences internationales n’ont en fait aucun droit de pratiquer ce nouveau colonialisme malthusien et brutal. Par ignorance ou duplicité, les gouvernements africains et asiatiques seraient coupables de laisser euthanasier leurs peuples. L’humanité perdrait beaucoup si ces continents venaient à tomber dans le grand magma indistinct du mondialisme, tourné vers un idéal inhumain qui est en fait une hideuse barbarie oligarchique.

Le Saint-Siège doit jouer son rôle. Nous ne pouvons pas accepter la propagande et les groupes de pression des lobbies LGBT. Le processus est d’autant plus inquiétant qu’il est rapide et récent. Pourquoi cette volonté forcenée d’imposer la théorie du genre ? Une vision anthropologique inconnue il y a quelques années, fruit de l’étrange pensée de quelques sociologues et écrivains, comme Michel Foucault, deviendrait le nouvel eldorado du monde ? Il n’est pas possible de rester inerte devant une telle supercherie, immorale et démoniaque.

Le pape François a raison de critiquer l’action du démon qui œuvre pour saper les fondements de la civilisation chrétienne. Derrière la nouvelle vision prométhéenne de l’Afrique et de l’Asie, il y a la marque du diable.

Les premiers ennemis des personnes homosexuelles, ce sont les lobbies EGBT. C’est une grave erreur que de réduire un individu à ses comportements, notamment sexuels. La nature finit toujours par se venger.

Cardinal Robert Sarah, Dieu ou rien, Fayard 2015, p. 227-229)

voir aussi : http://www.ncregister.com/daily-news/cardinal-sarah-named-prefect-of-congregation-for-divine-worship

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