Chaos dans un verre d'eau

Publié le 31/07/2018

  • Chaos dans un verre d'eau

Le chaos dans un verre d’eau

Avant que de nouvelles révélations arrivent sur l’affaire Macron-Benalla, quelques interrogations nous taquinent. La première vient du journal Le Monde, le détonateur de cette campagne qui débuta, si opportunément, juste après la Coupe du monde de football (1). Cela étant dit, quelle serait la raison du surprenant volteface de ce même journal qui fut l’un des de plus puissants soutiens du candidat Macron lors de sa campagne électorale?

Celui-ci avait contribué à faire élire à la présidence Macron avec 16% des inscrits ce qui implique que de toute évidence 84% des inscrits, avaient bien «démocratiquement» manifesté ne pas vouloir le soutenir. Son élection mettait en avant non-seulement un problème institutionnel «démocratique», mais plus gravement aussi un problème systémique de la Ve République. Il marquait la désaffection de l’électorat à l’égard de sa représentation politique, qui ne répondait pas à ses souhaits, ses inquiétudes et ses intérêts, même lorsqu’il les manifestait clairement.

Alexandre Benalla, proche, très proche,     d’émmanuel Macron, que l’on a vu sur les vidéos tournées le 1er mai 2018, place de la Contrescarpe, assumer le rôle d’un officier de police ou de gendarme en saisissant et en frappant à plusieurs reprises un homme à terre et agressant une jeune femme.

Bien que selon les dires de la directrice de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) il semblerait que ce genre d’agression soit admissible de la part de policiers et de gendarmes mais cependant pas de la part d’un collaborateur du président, d’un observateur de manifestation autorisé par la préfecture, ou de tout autre individu. Alexandre    Benalla affirmera plus tard - conforté par le témoignage de la directrice de l’IGPN - qu’il n’avait frappé personne lors de la manifestation, et nous aurions bien voulu le croire si nous n’avions pas vu les vidéos. Le mensonge d’Alexandre Benalla cependant, est pour nous beaucoup moins grave que de savoir que l’IGPN couvre les forces de l’ordre, quand celles-ci agressent de cette façon des citoyens.

Par ailleurs, ce comportement expliquerait peut-être pourquoi Alexandre Benalla s’est vu fournir un casque, un brassard, des rangers et peut-être à cette occasion, ainsi qu’à d’autres, un talkie-walkie relié au réseau «ACROPOL» de la police. Peut-être qu’un observateur sans signes distinctifs aurait pu être accidentellement confondu avec un manifestant par les forces de l’ordre et traité comme tel. En somme, il aurait eu plus à craindre d’être agressé par les forces de l’ordre que par les manifestants.

La formation de Commissions d’enquête de l’Assemblée nationale et du Sénat, bien que dominées par la majorité LREM, fut une surprise. Elles laissaient espérer que l’on pourrait éventuellement savoir clairement ce qui s’était passé. Malheureusement cet espoir fut relativement éphémère lorsqu’il s’avéra, suite à la dénonciation de la Commission d’enquête de l’Assemblée nationale par les représentants de l’opposition, que son but visait dès le départ à écarter la responsabilité de l’Élysée dans cette affaire.

Au début de la campagne, on nous annonça qu’Alexandre Benalla recevait un salaire de 10.000€, être doté d’un appartement de 200 m² ou même 300 m² au quai de Branly, avait voiture avec chauffeur, un port d’armes, soumis sa candidature pour le poste de sous-préfet, détenait le code nucléaire et bien d’autres attributs vrais, faux ou outranciers. Finalement son salaire s’élevait à 6.000€, son l’appartement était de 80m², la voiture était une voiture de service, et comme il était membre d’un club de tir il possède une arme en toute légalité, quant à son invraisemblable candidature au poste de sous-préfet l’âge requis est de 35 ans minimum et il n’en a que 26 sans parler à son soi-disant accès au code nucléaire où là nous sombrons carrément dans le ridicule. La question qui en découle est la suivante: à qui servent ces inexactitudes? Est-ce à ceux qui mènent la campagne contre Benalla-Macron ou bien à ceux qui cherchent à décrédibiliser les réelles accusations? Sinon, devrions-nous en conclure que les journalistes ne savent plus faire leur métier et écrivent n’importe quoi?

Les auditions de la Commission d’enquête ont été bien intéressantes, des fois même amusantes, et sachant que ceux qui sont interrogés jurent au préalable de dire «la vérité, toute la vérité rien que la vérité», sous peine de cinq ans d’emprisonnement et 75.000€ d’amende. Nous guettons avec patience et amusement quelles seront les éventuelles (sic) condamnations. Lors de ces auditions, la vérité si on ne la violait pas, ne l’occultait pas … il arrivait qu’on nous propose d’aller la chercher au niveau hiérarchique supérieur ou du supérieur à l’inférieur, parfois elle glissait telle une anguille. Prenons par exemple la définition du poste d’Alexandre Benalla, ses responsabilités et éventuellement la clarté des sanctions qui lui auraient été imposées. Sa hiérarchie immédiate, le chef de cabinet et plus tard le secrétaire général de l’élysée ont confirmé qu’Alexandre Benalla aurait été immédiatement sanctionné de quinze jours de mise à pied avec retenue sur sa rémunération pour congés - ce qui n’est pas du tout clair – ,d’une rétrogradation plus que fictive et d’un avertissement préalable à un licenciement. Ces deux supérieurs hiérarchiques ont considéré qu’avec les éléments en leur possession le 3 mai (les vidéos du 1er mai etc.) la sanction était justifiée et proportionnée. La question qui se pose est: Qu’a-t-il fait de plus pour que son licenciement soit justifié? La réponse serait-t-elle liée à l’ampleur de la crise qu’a déclenché le journal Le Monde?

L’intervention d’Emmanuel Macron à la Maison de l’Amérique latine, où il assume toute la responsabilité de cette affaire, ne rime à rien puisqu’il n’est pas légalement responsable. De plus il a défié, nous ne savons pas qui, de venir le chercher!!! Il nous a gratifié de l’affirmation qu’Alexandre Benalla n’était pas son amant. Jusqu’alors personne n’avait osé demander si ce dernier l’était ou pas, mais comme Macron a si aimablement répondu à cette interrogation comment pourrions-nous ne pas être satisfaits?

Il devient clair que cette affaire laisse beaucoup d’interrogations en suspens autour du rôle d’Alexandre Benalla, qui semble s’inscrire dans la formation, comme le dit un syndicat de policiers, d’une garde prétorienne pour la sécurité du Président, recrutée indépendamment par l’élysée, composée d’éléments aux attributs et qualifications divers, hiérarchiquement supérieurs aux services de la Police et de Gendarmerie, offensant ainsi beaucoup de monde et en premier lieu les fonctionnaires de la Police et de la Gendarmerie, qui sont légalement chargés de cette tâche.

Mardi prochain se dérouleront à l’Assemblée nationale deux motions de censure contre le gouvernement. Une de droite et une de gauche. Pour le but recherché il aurait été préférable qu’il n’y en ait qu’une seule et que toute l’opposition la vote. Malheureusement cela ne sera pas le cas. Bien entendu, même si ce l’était elles n’y auraient aucune chance de passer compte tenu du nombre de sièges dont dispose l’opposition et s’ajoutant au fait que les abstentions dans ce cas comptent comme des votes «contre».

En dépit de cela, nous sommes heureux de savoir qu’une certaine unité parlementaire de l’opposition a pris forme dans la décision responsable et conséquente du LR du LFI et du RN de voter pour les deux notions, le PS et le PC n’ont pas donné d’indication claire sur ce qu’ils vont faire, mais le fait qu’il y ait une seconde motion de censure de gauche suggère, qu’à aujourd’hui le PS ou le PCF soit les deux ne voteront pas pour la motion de la droite. Nous verrons mardi et nous serons heureux que ce ne soit pas le cas. Il apparait clairement que ceux qui ne voteront pas les deux motions, affaibliront de ce fait les motions de censure et renforceront indirectement politiquement la LREM.

Ce qui néanmoins est très important est que nous voyons là un début de déstabilisation dans le processus d’écroulement, de cette notion droite-gauche qui à une époque avait un sens similaire à la notion réactionnaire-progressiste. Depuis cette partition a servi certains partis à se réclamer de gauche, alors qu’en réalité ils faisaient le travail de la droite et trompaient ainsi leur électorat. Par ce processus nous voyons inapproprié le positionnement de la formation LREM au centre de l’hémicycle, alors qu’elle devrait être à l’extrême droite de celui-ci.

Nous tenons à féliciter Mélenchon et son parti la France insoumise pour leur courage de défier le chantage socio-démocrate, comme quoi tous ceux qui pourraient ponctuellement s’allier ou faire cause commune avec une partie de la droite seraient nécessairement des impurs fascisants.

À cette notion de droite-gauche hypocrite et réactionnaire que nous voyons sombrer et à laquelle tiennent tant les renards socialo-trotskistes pour justifier leur identité et leur existence, nous souhaitons bon débarras.

29 juillet 2018

 

 

Le chaos dans un verre d’eau

Avant que de nouvelles révélations arrivent sur l’affaire Macron-Benalla, quelques interrogations nous taquinent. La première vient du journal Le Monde, le détonateur de cette campagne qui débuta, si opportunément, juste après la Coupe du monde de football. Cela étant dit, quelle serait la raison du surprenant volteface de ce même journal qui fut l’un des de plus puissants soutiens du candidat Macron lors de sa campagne électorale?

Celui-ci avait contribué à faire élire à la présidence Macron avec 16% des inscrits ce qui implique que de toute évidence 84% des inscrits, avaient bien «démocratiquement» manifesté ne pas vouloir le soutenir. Son élection mettait en avant non-seulement un problème institutionnel «démocratique», mais plus gravement aussi un problème systémique de la Ve République. Il marquait la désaffection de l’électorat à l’égard de sa représentation politique, qui ne répondait pas à ses souhaits, ses inquiétudes et ses intérêts, même lorsqu’il les manifestait clairement.

Alexandre Benalla, proche, très proche,     d’émmanuel Macron, que l’on a vu sur les vidéos tournées le 1er mai 2018, place de la Contrescarpe, assumer le rôle d’un officier de police ou de gendarme en saisissant et en frappant à plusieurs reprises un homme à terre et agressant une jeune femme.

Bien que selon les dires de la directrice de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) il semblerait que ce genre d’agression soit admissible de la part de policiers et de gendarmes mais cependant pas de la part d’un collaborateur du président, d’un observateur de manifestation autorisé par la préfecture, ou de tout autre individu. Alexandre    Benalla affirmera plus tard - conforté par le témoignage de la directrice de l’IGPN - qu’il n’avait frappé personne lors de la manifestation, et nous aurions bien voulu le croire si nous n’avions pas vu les vidéos. Le mensonge d’Alexandre Benalla cependant, est pour nous beaucoup moins grave que de savoir que l’IGPN couvre les forces de l’ordre, quand celles-ci agressent de cette façon des citoyens.

Par ailleurs, ce comportement expliquerait peut-être pourquoi Alexandre Benalla s’est vu fournir un casque, un brassard, des rangers et peut-être à cette occasion, ainsi qu’à d’autres, un talkie-walkie relié au réseau «ACROPOL» de la police. Peut-être qu’un observateur sans signes distinctifs aurait pu être accidentellement confondu avec un manifestant par les forces de l’ordre et traité comme tel. En somme, il aurait eu plus à craindre d’être agressé par les forces de l’ordre que par les manifestants.

La formation de Commissions d’enquête de l’Assemblée nationale et du Sénat, bien que dominées par la majorité LREM, fut une surprise. Elles laissaient espérer que l’on pourrait éventuellement savoir clairement ce qui s’était passé. Malheureusement cet espoir fut relativement éphémère lorsqu’il s’avéra, suite à la dénonciation de la Commission d’enquête de l’Assemblée nationale par les représentants de l’opposition, que son but visait dès le départ à écarter la responsabilité de l’Élysée dans cette affaire.

Au début de la campagne, on nous annonça qu’Alexandre Benalla recevait un salaire de 10.000€, être doté d’un appartement de 200 m² ou même 300 m² au quai de Branly, avait voiture avec chauffeur, un port d’armes, soumis sa candidature pour le poste de sous-préfet, détenait le code nucléaire et bien d’autres attributs vrais, faux ou outranciers. Finalement son salaire s’élevait à 6.000€, son l’appartement était de 80m², la voiture était une voiture de service, et comme il était membre d’un club de tir il possède une arme en toute légalité, quant à son invraisemblable candidature au poste de sous-préfet l’âge requis est de 35 ans minimum et il n’en a que 26 sans parler à son soi-disant accès au code nucléaire où là nous sombrons carrément dans le ridicule. La question qui en découle est la suivante: à qui servent ces inexactitudes? Est-ce à ceux qui mènent la campagne contre Benalla-Macron ou bien à ceux qui cherchent à décrédibiliser les réelles accusations? Sinon, devrions-nous en conclure que les journalistes ne savent plus faire leur métier et écrivent n’importe quoi?

Les auditions de la Commission d’enquête ont été bien intéressantes, des fois même amusantes, et sachant que ceux qui sont interrogés jurent au préalable de dire «la vérité, toute la vérité rien que la vérité», sous peine de cinq ans d’emprisonnement et 75.000€ d’amende. Nous guettons avec patience et amusement quelles seront les éventuelles (sic) condamnations. Lors de ces auditions, la vérité si on ne la violait pas, ne l’occultait pas … il arrivait qu’on nous propose d’aller la chercher au niveau hiérarchique supérieur ou du supérieur à l’inférieur, parfois elle glissait telle une anguille. Prenons par exemple la définition du poste d’Alexandre Benalla, ses responsabilités et éventuellement la clarté des sanctions qui lui auraient été imposées. Sa hiérarchie immédiate, le chef de cabinet et plus tard le secrétaire général de l’élysée ont confirmé qu’Alexandre Benalla aurait été immédiatement sanctionné de quinze jours de mise à pied avec retenue sur sa rémunération pour congés - ce qui n’est pas du tout clair – ,d’une rétrogradation plus que fictive et d’un avertissement préalable à un licenciement. Ces deux supérieurs hiérarchiques ont considéré qu’avec les éléments en leur possession le 3 mai (les vidéos du 1er mai etc.) la sanction était justifiée et proportionnée. La question qui se pose est: Qu’a-t-il fait de plus pour que son licenciement soit justifié? La réponse serait-t-elle liée à l’ampleur de la crise qu’a déclenché le journal Le Monde?

L’intervention d’Emmanuel Macron à la Maison de l’Amérique latine, où il assume toute la responsabilité de cette affaire, ne rime à rien puisqu’il n’est pas légalement responsable. De plus il a défié, nous ne savons pas qui, de venir le chercher!!! Il nous a gratifié de l’affirmation qu’Alexandre Benalla n’était pas son amant. Jusqu’alors personne n’avait osé demander si ce dernier l’était ou pas, mais comme Macron a si aimablement répondu à cette interrogation comment pourrions-nous ne pas être satisfaits?

Il devient clair que cette affaire laisse beaucoup d’interrogations en suspens autour du rôle d’Alexandre Benalla, qui semble s’inscrire dans la formation, comme le dit un syndicat de policiers, d’une garde prétorienne pour la sécurité du Président, recrutée indépendamment par l’élysée, composée d’éléments aux attributs et qualifications divers, hiérarchiquement supérieurs aux services de la Police et de Gendarmerie, offensant ainsi beaucoup de monde et en premier lieu les fonctionnaires de la Police et de la Gendarmerie, qui sont légalement chargés de cette tâche.

Mardi prochain se dérouleront à l’Assemblée nationale deux motions de censure contre le gouvernement. Une de droite et une de gauche. Pour le but recherché il aurait été préférable qu’il n’y en ait qu’une seule et que toute l’opposition la vote. Malheureusement cela ne sera pas le cas. Bien entendu, même si ce l’était elles n’y auraient aucune chance de passer compte tenu du nombre de sièges dont dispose l’opposition et s’ajoutant au fait que les abstentions dans ce cas comptent comme des votes «contre».

En dépit de cela, nous sommes heureux de savoir qu’une certaine unité parlementaire de l’opposition a pris forme dans la décision responsable et conséquente du LR du LFI et du RN de voter pour les deux notions, le PS et le PC n’ont pas donné d’indication claire sur ce qu’ils vont faire, mais le fait qu’il y ait une seconde motion de censure de gauche suggère, qu’à aujourd’hui le PS ou le PCF soit les deux ne voteront pas pour la motion de la droite. Nous verrons mardi et nous serons heureux que ce ne soit pas le cas. Il apparait clairement que ceux qui ne voteront pas les deux motions, affaibliront de ce fait les motions de censure et renforceront indirectement politiquement la LREM.

Ce qui néanmoins est très important est que nous voyons là un début de déstabilisation dans le processus d’écroulement, de cette notion droite-gauche qui à une époque avait un sens similaire à la notion réactionnaire-progressiste. Depuis cette partition a servi certains partis à se réclamer de gauche, alors qu’en réalité ils faisaient le travail de la droite et trompaient ainsi leur électorat. Par ce processus nous voyons inapproprié le positionnement de la formation LREM au centre de l’hémicycle, alors qu’elle devrait être à l’extrême droite de celui-ci.

Nous tenons à féliciter Mélenchon et son parti la France insoumise pour leur courage de défier le chantage socio-démocrate, comme quoi tous ceux qui pourraient ponctuellement s’allier ou faire cause commune avec une partie de la droite seraient nécessairement des impurs fascisants.

À cette notion de droite-gauche hypocrite et réactionnaire que nous voyons sombrer et à laquelle tiennent tant les renards socialo-trotskistes pour justifier leur identité et leur existence, nous souhaitons bon débarras.

29 juillet 2018

 

 

democrite@neuf.fr

http://dossiersdubip.wordpress.com/  

 1. On lira avec profit l'article de Thierry Meyssan sur la question. La campagne anti-Macron déclenchée par Le Monde pourrait être le signe de sérieux déplacements des plaques tectoniques (teutoniques?) en Europe.

 

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