Bourde, Bourdin et Bourdonnements: une vétille, par Jacques Vecker

Publié le 18/08/2015

Lettre ouverte à propos d'une vétille, 15 août 2015

Cher Jean-Jacques Bourdin,

Permettez-moi de revenir sur un événement qui remonte à plusieurs mois mais qui ne cesse de me troubler. Ce jour-là, le 2 avril 2015, vous receviez en la personne de Jean-Marie Le Pen un invité de marque. Votre façon de revenir avec insistance sur « le point de détail » pouvait donner à croire que votre intention était plus de provoquer l’homme que d’aller au fond du sujet. Vous aviez pourtant là l’occasion rêvée de connaître le fin mot de l’histoire. Pour commencer, vous avez ingénument demandé à votre invité s’il regrettait ses propos sur les chambragaz (permettez-moi cette orthographe). Croyiez-vous vraiment qu’il allait se dédire ou bien, sans vous mettre en danger, entendiez-vous lui fournir l’occasion d’entrer dans le détail, c’est le cas de le dire, de préciser sa pensée et d’exposer les raisons pour lesquelles, depuis des décennies, il ne changeait pas de discours sur le sujet, alors même qu’il était conscient des fâcheuses conséquences qu’il aurait, une fois de plus, à en souffrir ? Que nenni ! Apparemment, il ne s’est agi pour vous que de verser de l’huile sur le feu.

En tout cas, pour sa part, le vieux lion, avec un certain panache, a relevé le défi et, d’un air détaché, a lancé l’idée iconoclaste au possible, qu’à force de donner ainsi la vedette aux chambragaz on était en droit de se demander si, par comparaison, l’histoire de l’entière Seconde guerre mondiale n’était pas devenue un détail de l’histoire des chambragaz. Il suggérait par là par que ce « détail » avaient pris le pas sur une boucherie qui avait provoqué la mort de dizaines de millions de soldats et de civils. Quelle audace ! Une telle impertinence aurait pu valoir au rhéteur, par la grâce de l'intrépide Dieudonné, l’attribution, comme autrefois à l’impavide Professeur Faurisson, du prix de l’infréquentabilité.

L'humanité ne semble-t-elle pas effectivement vivre au rythme de ce fantasme mémoriel, ce « détail» dont les vainqueurs de 1945 ne font même pas mention dans leurs mémoires. Etonnant non, ce silence de Churchill, de de Gaulle, d’Eisenhower sur les chambregaz ? Les millions de morts par gaz que vous évoquez sans qu’aucune enquête médico-légale soit jamais venue attester de l’arme de destruction massive ne relèvent-ils surtout pas du « délire de mentir et de croire » ? Les preuves de la mystification ne nous submergent-elles pas aujourd’hui ? Les témoignages fantasmagoriques font office de vérité révélée qu’il a fallu étayer par la sainte loi Gayssot du 13 juillet 1990 afin que la vérité vérifiable, elle, reste au fond du puits... N’aurait-il pas fallu pousser Jean-Marie Le Pen à aller plus loin dans son astucieuse dénonciation du mirage ?

Vous avez tout de même marqué un point. Vous avez conduit Jean-Marie Le Pen à se permettre une réflexion qui souligne son incrédulité en matière de chambragaz. Il a parfaitement caractérisé le poids historique que représente un génocide fictif savamment instrumentalisé dans la vie sociale, économique, politique et diplomatique de notre époque.

Cher Jean-Jacques Bourdin, en somme, vous auriez réussi là un coup de maître. Cette brève séquence où Jean-Marie Le Pen en vient à se demander si l’histoire de la Seconde guerre mondiale ne serait pas un détail de l’histoire des chambragaz va demeurer une référence. Ne mériterait-elle pas – passez-moi le mot – la grand-croix de la roublardise ?

Mais peut-être, après tout, avez-vous agi « de bonne foi » tant est lourde la chape qui recouvre l’information libre. Tout le monde le sait : vous ne demeureriez pas un instant de plus dans votre siège si, prenant vos distances d’avec la pensée unique, vous laissiez libre cours dans vos émission à un discours « à charge et à décharge » dans le respect rigoureux des faits et des documents.
Quand inviterez-vous Robert Faurisson ou Vincent Reynouard en leur laissant le temps de répondre aux questions que vous pouvez légitimement leur poser ?

Avec mes cordiales salutations, Jacques Vecker, 30480 St Paul la Coste

COMMENTAIRES

Aucun commentaire pour le moment.

Ajouter un commentaire