Grincheux en août, Moyen Orient, Barcelone, Macron et Venezuela

Publié le 27/08/2017

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 - Bachar al Assad sur la crise de l'Occident :

[...] Cet Occident vit aujourd’hui une lutte existentielle, non pas parce qu’un ennemi chercherait à le démolir -un tel ennemi n’existe absolument pas- mais parce qu’il pense que la période jouissive de son hégémonie depuis le démantèlement de l’Union soviétique est sur le déclin ; un déclin qui s’accélère à chaque fois que des États se rebellent contre son hégémonie ; une hégémonie qu’il pense pouvoir prolonger indéfiniment par la répression des États rebelles.

Et, aujourd’hui, l’Occident vit un état d’hystérie à chaque fois qu’il sent qu’un État se veut partenaire dans la prise d’une décision internationale, dans n’importe quel domaine et n’importe où dans le monde ; ce qui témoigne de son manque de confiance. Mais un manque de confiance qui se traduit par encore plus de recours à la force et, par conséquent, par moins de politique, moins de raison ou pas de raison du tout.

Car pour l’Occident, le partenariat est refusé d’où qu’il vienne. La dépendance est la seule option possible. Dans ce cas, les États-Unis ne sont même pas les partenaires de leurs alliés occidentaux. Ils leur désignent des rôles, précisent les orientations, chacun de leurs pas étant strictement posé dans le sillage de la ligne américaine. Et, en récompense, les États-Unis leur jettent des miettes économiques.

Ajoutez à la scène qu’aux États-Unis, le président n’est pas le faiseur des politiques, mais l’exécuteur ; ce qui paraît encore plus évident aujourd’hui. Les véritables faiseurs des politiques sont les lobbies, les banques, les grandes entreprises de l’armement, du pétrole, du gaz, de la technologie, et d’autres lobbies, lesquels dirigent l’État via des agents élus démocratiquement mais qui gouvernent dans l’intérêt de l’élite dirigeante. Donc, les lobbies, l’État ou le régime, et ici, je parlerai plutôt « du régime des États-Unis » et non d’État -ce dont on nous accuse-, car l’État respecte les valeurs de son peuple, respecte ses obligations, respecte les lois internationales, respecte la souveraineté des nations, respecte les principes de l’humanité, et finalement se respecte ; tandis que le « régime » ne respecte rien de tout cela, mais travaille uniquement pour l’élite dirigeante, qu’elle soit une élite financière ou autre chose.

Par conséquent, « le régime profond » aux États-Unis ne gouverne pas en partenariat avec le président, mais lui laisse une marge ; le président et son administration ne travaillent pas en partenariat avec les Européens, mais leur laissent une marge ; et les Européens réunis ne sont pas partenaires de leurs agents et clients dans notre région et dans le Monde, ils leur laissent juste une marge, tout en n’étant pas eux-mêmes des partenaires pour le reste du Monde.

D’où, actuellement, un conflit entre deux forces. La première travaille pour les intérêts des élites dirigeantes, même si cela l’amène à violer toutes les lois et les normes internationales ainsi que la Charte des Nations Unies, même si cela l’amène à assassiner des millions de personnes n’importe où en ce Monde. La deuxième force lui fait face et travaille à préserver la souveraineté des États, le droit international et la Charte des Nations Unies, voyant en cela son propre intérêt et la stabilité pour le Monde.

Telle est donc la résultante des forces actuelles. Et si nous devions parler de la situation arabe au sein de cette résultante, nous dirions que son poids est nul et qu’elle est inexistante sur la scène politique internationale. C’est pourquoi, je ne vois absolument pas la nécessité d’en parler.

Le projet occidental a échoué, mais la guerre continue

Abstraction faite des forces et des équilibres du moment, et abstraction faite du gagnant et du perdant, ce sont toujours les plus petits pays qui paient le prix dans ce type de conflit. En Syrie, nous avons payé très cher cette guerre, mais la contrepartie est l’échec du projet occidental en Syrie et dans le monde.

En ce qui nous concerne, ce « projet occidental » revêt évidemment plusieurs aspects, mais son essence consistait à ce que les Frères Musulmans gouvernent notre région arabe et le Moyen-Orient. Du fait qu’ils sont des représentants de la religion, ils étaient censés s’en servir comme couverture pour dominer une société et une rue croyantes et les mener dans le sens des intérêts occidentaux ; ce qui a toujours été le rôle de cette confrérie.

Cependant, parler de l’échec du projet occidental ne veut pas dire que nous avons remporté la victoire. En réalité et sans exagération : ils ont échoué, mais la guerre continue. Où est-ce que cela nous mènera et quand est-ce que nous pourrons parler de victoire ? C’est un autre sujet. C’est pourquoi il nous faut rester précis : ils ont échoué jusqu’ici et nous n’avons toujours pas triomphé, les signes annonciateurs de la victoire étant une chose et la victoire autre chose.

D’aucuns diraient qu’ils ont quand même atteint leur objectif puisqu’ils ont détruit la Syrie. Je dis tout simplement que leur but n’était pas la destruction de la Syrie. Leur but était de la saisir intacte mais subordonnée et soumise, de telle sorte qu’elle était condamnée à se décomposer et à disparaître. Et c’est pourquoi, concernant les pertes et les profits, je répète ce que j’ai déjà dit en 2005 : le prix de la résistance est très inférieur à celui de la capitulation.

À l’époque, ils parlaient de l’arbre qui plie devant la tempête pour se redresser une fois qu’elle est passée. Je leur avais répondu que lorsqu’il s’agit, non d’une tempête, mais d’un bulldozer qui fonce dans la terre pour frapper les racines, plier est inutile. La seule solution est que les racines soient suffisamment solides pour briser le bulldozer.

À notre grand regret, douze années sont passées et certains utilisent toujours ce même langage sans avoir tiré les leçons, bien que la prétendue tempête ne se soit pas déchainée avec la guerre d’Irak, mais avec la guerre Iran-Irak en 1980, suivie de l’entrée au Koweït, puis de l’invasion de l’Irak en 2003, et souffle toujours sur notre région et en Syrie.

Par conséquent, il ne s’agit ni d’une tempête, ni d’un arbre, ni d’un bulldozer. En réalité, il s’agit d’une guillotine dressée au dessus de toutes les têtes en notre région, une guillotine qui a déjà fonctionné et récolté des millions d’âmes. Dans ce cas, plier est donc inutile. Il faut soit retirer les têtes d’en dessous la guillotine, soit la détruire. Il n’y a pas d’autre solution. [...]

Depuis au moins une vingtaine d’années, l’Occident n’a cessé de témoigner de sa stupidité, conséquence de l’arrogance qui l’a frappé. Il dispose d’énormes ressources et d’excellentes capacités dans tous les domaines, mais son manque de sagesse fait qu’il n’en tire pas profit. C’est pourquoi il passe d’une erreur à l’autre, d’un problème à l’autre, d’une impasse à l’autre, et se couvre avec des mensonges.

Il semble que le système politique occidental ne soit plus capable de produire des hommes d’État. Quant à la société occidentale, il est certain qu’elle est riche, en avance dans tous les aspects de la vie et capable de produire encore. C’est un fait que nous ne nions pas. C’est le système politique qui n’autorise qu’à ceux qui servent les élites politiques, financières ou autres, d’accéder aux commandes. D’où les résultats que nous constatons aujourd’hui. [...]

http://www.mondialisation.ca/aout-2017-discours-du-president-al-assad-devant-le-corps-diplomatique-syrie/5605736

- Lecture subtile des contradictions US sur l'Iran, et des ripostes iraniennes: 

http://www.lesclesdumoyenorient.com/Les-presidents-Trump-et-Macron-et-l-Iran-un-grand-ecart-1-2.html

- Excellent : http://www.afrique-asie.fr/1973-2017-leffondrement-de-la-gauche-francaise/

- Géographie sociale et politique de la Syrie:  https://historiaesnuestra.wordpress.com/2017/05/30/la-disparition-du-peuple-syrien/

 

 

- Turquie et têtes de Turcs, l'expérience de JP Chevènement

http://arretsurinfo.ch/synthese-de-jean-pierre-chevenement-au-colloque-ou-va-la-turquie/

- Les clés du Moyen Orient:

 

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Leila Seurat est docteur en science politique (Sciences Po Paris) et chercheur associée au CERI (Centre de Recherches Internationales).
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L’Iran entre deux orages : attentats à Téhéran et crise du Qatar (3/3):  les Etats-Unis n’ont plus guère les moyens de dicter leur conduite à ses encombrants alliés quand intérêts et visions divergent; le gouvernement saoudien, aussi peu clairvoyant que celui des USA, dans leurs menaces de sanctions à tout va, favorise l'essor de l'intelligence turque, russe, iranienne, qatarie, et de nouvelles alliances entre eux.

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Frédéric Charillon est professeur de science politique à l’université d’Auvergne, il enseigne également à 



- Attentat de Barcelone: Comment se fait-il que les infos partent d'Israël? http://m.alterinfo.net/Attentats-la-revendication-de-Daesh-a-ete-divulguee-par-un-groupe-israelo-americain_a119164.html

- Thierry Meyssan supplie les gouvernements des pays à piller de prendre conscience que ce n'est plus une affaire d pétrole ni de lutte des classes: et il donne le président Assad comme exemple de riposte logique, généreuse ET victorieuse : http://www.voltairenet.org/article197445.html

- Le pétrole, enjeu encore au Venezuela, et le rôle de la presse, par David William Dear

http://reseauinternational.net/le-projet-de-changement-de-regime-au-venezuela-mis-a-nu/

- Le plan Marcos Rubio: Sanctions tous azimuts contre le Venezuela

https://venezuelainfos.wordpress.com/2017/08/02/le-venezuela-en-question-a-propos-de-marco-rubio-et-des-alliances-avec-la-russie-et-la-chine/amp/ 

- L'Europe va-t-elle se réveiller en plein mois d'août? Il faut soutenir Trump sans plus attendre!

 http://www.voltairenet.org/article197281.html

sans parler de la porte grande ouverte à la réforme du Code du Travail, qui est passée en catimini... 

http://www.boursorama.com/actualites/adoption-definitive-de-la-reforme-du-code-du-travail-4ebcbba0a4ceded6906b4e1c7664f751

- Macron vu depuis le Cameroun :

 http://afrik-inform.com/index.php/fr/politiques/812-france-natalite-en-afrique-explosif-un-camerounais-ancien-camarade-de-macron-lui-repond

- Venezuela, le plan américain : Depuis le film Avatar, de 2009, nul n'est censé ignorer que les USA ont bien l'intention d'envahir militairement le Venezuela. Le prétexte : les violations de la démocratie. La vraie raison : être sûrs de garder le contrôle exclusif de la production de pétrole. Le président Chavez une fois éliminé en mars 2013 (voir https://www.legrandsoir.info/l-etrange-mort-de-hugo-chavez-counterpunch.html ) , la tâche leur semblait facile. Le raz de marée colérique du vote en faveur de la réforme de la constitution prouve que le peuple a très bien compris l'enjeu. Acune naïveté dans ce vote, ce peuple n'espère pas que Maduro parvienne à régler facilement les problèmes économiques et celui de l'approvisionnement des magasins, mais il sait que les autres ne feraient que vendre le pays et ses habitants à l'impérialisme, pour empocher, eux, personnellement, les 30 deniers de rigueur pour les taîtres. Quel peuple pourrait souhaiter le sort des Irakiens? voir déjà cette analyse de Moon of Alabama: https://www.legrandsoir.info/le-compte-a-rebours-de-la-guerre-contre-le-venezuela-a-commence.html