Redoutable perspicacité de D Trump

Publié le 06/04/2017

  • Redoutable perspicacité de D Trump

 

par Israël SHAMIR – 5 avril 2017

(Article paru sur The Unz Review le 3 avril 2017)

 

 

 

Si le président Trump disait « Le soleil se lève à l’est et se couche à l’ouest », il ne fait aucun doute que le New York Times éclaterait d’un rire sarcastique et prétendrait que le plouc ignorant devenu président grâce à l’interférence de Poutine le Tueur, n’est même pas au courant des avancées pas-si-récentes-que-ça de l’astronomie qui rendent son affirmation si absurde. Il n’y a pas eu à ce jour une seule déclaration, pas le moindre Twit de Trump dont les mass médias ne se soient gaussés et dont ils n’aient fait un sujet de raillerie.

Pourtant, au fil du temps, on apprend que Trump sait des choses que les autres ne savent pas ou n’osent pas dire. Voici trois déclarations de Trump qui ont commencé par susciter l’incrédulité et l’indignation, pour s’avérer, plus tard, parfaitement vraies.

Suède

En février, Trump a dit : « Regardez ce qui est en train d’arriver en Suède. En Suède, qui l’eût cru ? En Suède ! Ils en ont recueilli des tas [d’immigrants]. Et maintenant, ils ont des problèmes comme ils n’avaient jamais cru en avoir. » Ses ennemis ont failli en mourir de rire. « Qu’est-ce qu’il a fumé ? », a demandé Carl Bildt, vieil homme d’État suédois, tête de file des pro-OTAN et des russophobes de ce pays. Les partisans suédois du N.O.M. ont rivalisé à qui offrirait la réponse la plus sotte : « on s’est couchés à 9 heures du soir », « on a vu passer un élan », « on a trop bouffé ».

Quelques jours sont passés et cette suffisance a été ridiculisée par une émeute d’immigrants dans une banlieue suédoise. Ils ont brûlé des voitures, des femmes ont été molestées et la paisible Suède est devenue une zone à risques. Les choses ont été encore pires à Malmö, troisième ville de Suède et pratiquement abandonnée par les Suédois. Les immigrants ont pris le contrôle du centre urbain et les Danois prospères celui de sa banlieue verte. Les médias ont essayé de balayer ces événements sous le tapis mais n’y ont pas réussi. Il semble que les délits commis par les immigrants soient référencés sous le n° de code spécial R291, qui signifie, pour la presse, qu’elle n’a pas le droit d’en faire état. Mais les émeutes et le déplacement des populations suédoises de naissance constituent désormais un vrai problème, et ce problème aura un impact sur les élections de l’année prochaine.

Trump avait donc raison, et ses adversaires avaient tort. Grâce à l’obéissance des médias suédois, le gouvernement a pu jouer à « Tout va très bien, Madame la Marquise », mais Trump savait ce qui était en train de mijoter et il n’a pas hésité à le dire. Il n’a pas fallu des jours pour qu’on s’aperçoive qu’il avait raison, mais ses détracteurs ne se sont pas excusés pour autant et n’ont même pas reconnu leur erreur.

Soit dit en passant, un important journal suédois a publié une attaque sur votre serviteur. Ils n’ont pas apprécié que j’aie « désigné » le triomphe de Trump comme un tournant historique marquant la fin du « siècle Juif », que j’aie dit que l’Europe finirait par s’affranchir de la tyrannie libérale et que les « heureux esclaves », particulièrement en Suède, allaient trouver la force de se soulever contre l’étouffement par les médias et le fanatisme féministe. Pour bien montrer à quel point je suis un cas pourri, ils ont ajouté que j’étais « un raciste et un négateur de l’Holocauste », comme Trump d’ailleurs. C’est la marque de désobéissance suprême. Ils ne peuvent pas s’empêcher de toujours y revenir, c’est au-dessus de leurs forces.

 

Écoutes téléphoniques

En mars, Trump a twitté « Obama a mis mes téléphones de la Tour Trump sur écoute comme avant ma victoire à l’élection. » Et les médias de masse  ont explosé de rire. Leurs gros titres s’en sont donné à cœur joie pour stigmatiser ses « insinuations sans fondement » ou pire. (On pourrait croire que leurs insinuations sur l’interférence russe n’ont jamais eu un fondement quelconque, de fait). Il n’a fallu que quelques jours pour que les preuves apparaissent.

C’était pourtant évident depuis le début pour qui avait si peu que ce soit écouté ce qu’avaient dit Edward Snowden et Julian Assange de Wikileaks. Les services secrets espionnent tout et tout le monde. Ce n’est pas sans raison qu’après la victoire de Trump, Obama a permis à la CIA et à la NSA de distribuer leurs « informations » illégalement obtenues aux autres agences, et ce, sans le moindre contrôle judiciaire. Le but était de faciliter de futures émissions de poison et d’en rendre la source impossible ou très difficile à identifier.

Quoi qu’il en soit, la plainte de Trump a été validée par Devin Nunes, le courageux chef de la House Intelligence Committee [Commission de surveillance des agences de renseignement pour le Congrès], qui a vu la preuve de la mise sur écoute et l’a fait savoir au Président. (À propos, Nunes est l’homme qui a ouvertement soutenu la cause des survivants du Liberty et l’enquête sur l’attaque du navire US par les Israéliens. Même les gens très courageux hésitent généralement à chercher querelle au Lobby israélien, mais il l’a fait. Quelqu’un comme ça est capable de n’importe quoi, même de faire savoir au Président qu’il est sur écoute !)

Les agences ont effectivement mis les téléphones de Trump et de ses assistants sur écoute, et elles ont divulgué leurs « trouvailles ». Après son investiture, ces données ont été fuitées via les médias associés à la CIA. Tout d’abord, ils ne l’ont même pas nié : le 21 janvier, le New York Times a sorti une histoire en première page, sous le titre  « Données recueillies par écoutes dans l’enquête sur les proches collaborateurs de Trump », annonçant entre autres que « la Justice américaine et les agences de renseignement sont en train d’examiner les communications interceptées et les transactions financières, dans le cadre d’une vaste enquête sur les liens possibles entre des fonctionnaires russes et des associés du président élu Donald J. Trump ».

Ces écoutes et les fuites qui ont suivi ont provoqué l’affaire Flynn. J’ai appris ce que Flynn a réellement discuté avec l’ambassadeur de Russie. Nulle part, je n’en ai vu faire état dans les médias US : ils se sont contentés de susurrer des choses vagues sur Flynn « discutant des sanctions » avec les Russes. La vérité est quelque peu différente. Flynn a appelé l’ambassadeur lorsqu’Obama, dans un accès de fureur, a expulsé des douzaines de diplomates russes « dans un délai de 24 heures » juste à la veille du Nouvel An et leur a interdit d’utiliser leurs lieux de vacances. Obama a bien entendu fait cela pour empoisonner les relations américano-russes, car, vous ne l’ignorez pas, les féaux du N.O.M. démocrates veulent au minimum une guerre froide, mais si possible un affrontement nucléaire avec l’ours russe. Obama a donc fait de son pire pour pourrir les relations entre les deux États, à un point que même Trump ne puisse amender.

Flynn a fait ce qu’il pouvait  (sur ordre de Trump, j’imagine) pour calmer les Russes. Il a offert et apporté son aide : les diplomates expulsés avaient besoin d’un avion pour quitter le pays à si brève échéance et il n’y avait pas de places disponibles. Flynn a arrangé les choses. Flynn a dit à l’ambassadeur que Trump rapporterait les mesures d’expulsion d’Obama. L’ambassadeur a transmis le message à Poutine, et Poutine, comme le gentleman qu’il est, s’est abstenu de l’œil pour œil attendu et n’a expulsé aucun diplomate US de Moscou comme il eût dû le faire en d’autres circonstances. Poutine a même invité les enfants des diplomates US à une fête de Noël au Kremlin. Flynn a donc agi au bénéfice de l’Amérique et de ses diplomates, et sauvé les deux grands pays d’une sévère aggravation de leurs relations. Il mérite une médaille pour ses services, pas un licenciement, et il est plus que regrettable que Trump n’ait pas pu le garder.

Les journaux n’en finissent pas de nier les écoutes, mais ils le font d’une façon retorse : comme les écoutes n’ont pas été littéralement branchées « sur des fils » (wires), puisque les téléphones mobiles n’en ont pas, ils ont juré que la chose ne s’était jamais produite. C’est un très vieux tour, déjà pratiqué par Autolycus, le grand-père d’Ulysse, qui avait appris de son propre père Hermès comment tricher sous serment.

Donc, Trump a dit la vérité, et il l’a prouvé de la manière la plus indiscutable.

 

Juifs menacés

Le troisième cas où Trump a été ridiculisé et entièrement vengé par les faits est le plus remarquable des trois. Il y a eu récemment de nombreuses menaces contre des institutions juives un peu partout aux États-Unis. Les médias juifs ont associé ces menaces à l’élection de Trump. Ils ont parlé d’une « vague de menaces », d’une « deuxième vague de menaces », d’une « troisième vague de menaces ». Apparemment, des douzaines, sinon des centaines d’institutions juives ont reçu des appels se voulant intimidants et des menaces.

Les journalistes juifs sont, d’habitude, des anti-Trump. Sans aucune raison juive spécifique : ils sont pour l’immigration, pour le mélange des races (sauf avec des juifs), pour le changement des genres et pour la finance. Mais pour eux, l’attaque de Trump contre le financier George Soros, la présidente de la Réserve Fédérale Janet Yellen et le président-directeur-général de Goldman Sachs Lloyd Blankfein ne pouvait être qu’une attaque antisémite puisqu’ils sont juifs.

Ils n’ont donc eu aucun mal à rendre Trump responsable des menaces. À sa conférence de presse, Trump n’a fait qu’une bouchée de Jake Turx, un reporter juif qui avait insinué qu’il encourageait l’antisémitisme. Il a dit que les juifs étaient sans doute eux-mêmes les auteurs des menaces ou quelque chose de ce genre. Les médias juifs ont explosé une fois de plus. Comment osait-il ?

L’ADL [Anti-Defamation League], l’aspirante Gestapo juive, a écrit : « les antisémites prétendent que les juifs pourraient être derrière les nombreuses menaces à la bombe contre les institutions juives, que c’est un moyen pour eux d’engranger de la sympathie en se présentant comme des victimes, et que les juifs se servent des profanations de cimetières juifs pour obliger le président Trump à faire une déclaration sur l’antisémitisme ».

L’Attorney General de Pennsylvanie a déclaré que Donald Trump lui avait dit que les juifs pourraient bien être derrière les menaces et les attaques sur les centres communautaires juifs dans le but de faire faire mauvaise figure aux autres, une autre publication judéo-libérale a raconté la même chose et en a conclu : « Le Président des États-Unis ne devrait jamais prétendre que les menaces et les attaques sont des « false flags ». L’Amérique a besoin d’un président, pas d’un chef conspirationniste fanatique ».

Alors, Trump a fait appel au FBI et a envoyé un ou deux de leurs agents en Israël. Là, dans une assez petite ville du sud, Ashkelon, vivait un jeune hacker qui, avec ses cinq ordinateurs et ses trois antennes, faisait toutes les menaces d’une seule main. Ce qui est encore pire, c’est qu’il y avait deux ans qu’il les faisait et que la police israélienne n’avait jamais rien fait pour l’appréhender… jusqu’à ce qu’elle voie débarquer les agents du FBI. Alors, elle a aussitôt arrêté le jeune type, qui a mangé le morceau sans se faire prier. Apparemment, le FBI non plus n’ignorait rien de lui, mais tant qu’Obama était au gouvernail, ils n’avaient rien fait.

S’il avait été un goy, les juifs l’auraient fait crucifier – et Trump avec lui. Mais comme c’était un juif, les réactions, dans les médias juifs, ont été aussi bienveillantes que compréhensives. C’était un très jeune et très patriotique garçon, il était malade, et il ne comprenait pas vraiment ce qu’il avait fait, mais il avait certainement agi pour ce qu’il croyait être le bien des juifs.

Les menaces et les attaques étaient donc bien en réalité des « false flags », comme ces ignobles antisemites et ces fanatiques conspirationnistes l’avaient prétendu.

Pour la citation qui suit, je dois remercier Steve Sailer, qui l’a dénichée. David Schraub a écrit, dans le magazine juif Tablet (ils m’ont un jour éreinté dans leurs colonnes) :

« Le 1er mars, j’ai écrit un article critiquant Donald Trump et d’autres conservateurs mainstream pour avoir suggéré que les attaques de sites juifs – menaces à la bombe, vandalisme, etc. – étaient des attaques sous fausse bannière destinées à discréditer la droite.

Un peu plus tard la même semaine, Juan Thompson – un ex-journaliste de la publication de gauche The Intercept – a été la première personne arrêtée pour avoir été l’auteur de certaines de ces menaces téléphoniques, prétendûment dans l’espoir de pouvoir en blâmer son ex-petite amie. Il semble bien que je ne sois pas doué pour le timing. Aujourd’hui, des fonctionnaires israéliens ont annoncé l’arrestation d’un jeune de 19 ans à la double nationalité israélo-américaine, dont on dit qu’il est responsable de la plupart des autres menaces à la bombe. »

Fin de citation. (Il  n’est pas doué pour le timing mais il l’est pour la chtuzpah, puisque, au lieu de s’excuser, il continue à dire qu’il avait fondamentalement raison. Comme je l’ai dit une fois : être juif signifie ne jamais avoir à s’excuser.)

Voyez-vous maintenant que vous avez un président perspicace ? Et non seulement perspicace mais un homme doué d’une volonté de fer, en plus. Obama savait que les menaces venaient d’Israël, mais il n’aurait jamais osé le dire. Trump n’est pas un imbécile. Selon toute apparence il saura même résoudre l’insoluble conflit israélo-palestinien. Son gant de velours cache une main de fer. La droite israélienne a été si heureuse de son élection… mais maintenant ils ont plutôt l’impression d’avoir fait le mauvais choix. Pour la toute première fois, des diplomates américains viennent de visiter non seulement Ramallah mais également des camps de réfugiés. Il semble qu’ils essaient de traiter directement avec les colons juifs. Et, parmi les colons, il y a une fraction non négligeable de gens qui souhaitent s’établir avec les Arabes et vivre avec eux en égaux. C’est pourquoi je ne suis pas pessimiste en ce qui concerne la paix au Moyen Orient.

Trump a donné l’ordre de laisser tomber le changement de régime en Syrie, et c’est déjà en soi une bonne chose. Il vaudrait mieux qu’il oublie complètement le Moyen Orient, mais ça, les militaires ne le permettront pas.

Et Trump n’est pas seul. C’est vrai que les médias mainstream sont contre lui, mais la véritable économie US est derrière le Président. J’ai appris que des négociateurs de Sony-Ericson avaient essayé de signer des contrats avec des compagnies américaines et qu’imprudemment ils avaient fait allusion à leur travail pour la CIA (ils ont fabriqué des dispositifs d’écoute téléphonique et des choses comme ça). À leur grande surprise, les hommes d’affaires américains en ont été refroidis et les ont renvoyés chez eux sans avoir signé leur contrat. Un partenariat avec la CIA signifie un partenariat avec les libéraux du Washington Post et du New York Times, et ce n’est pas le parfum du mois chez les industriels US.

Avec un soutien aussi fort, il est trop tôt pour désespérer de Trump. Il peut encore sortir vainqueur de cette lutte avec les services secrets et leurs médias. Et ne l’oubliez pas : la prochaine fois que les journaux se moqueront des Twits de Trump, attendez un moment avant de rire. Il est redoutablement perspicace.

 

Source : The Unz Review http://www.unz.com/ishamir/eerie-prescience-of-donald-trump/

Traduction : c.l. pour Entre la plume et l’enclume

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